15 février 2006
Dessein d'enfant
Un crayon
mal affûté, la pointe rondement émoussée, c’est bien plus rigolo.
On
dessinerait en grand et ça colorierait largement. On dépasserait les lignes et
l’herbe y serait verte. Il y
aurait aussi un champignon, une fleur, un papillon à pois, des cailloux, un pommier,
une rivière, une forêt, une montagne, un chat tigré rose et bleu, des oiseaux
dans le ciel, un deux trois soleils et des nuages barbe à papa.
Tu aurais
des couettes myosotis et moi un canif avec une loupe.
On dirait
que tu serais la mangouste brune de la lune, et moi le renard blanc charmant.
Sur une
souche, pour t’épater, je ferais danser la pointe de mon canif entre mes
doigts. Toi, tu me dirais d’arrêter, les yeux à peine planqués derrière tes
doigts. Une valse à deux temps, une valse à mille temps jusqu’au sang. Tu
pousserais un petit cri avant de rire, tu goûterais mon entaille. Seuls nos yeux sauraient
la larme retenue. De ma bouche, pour te plaire, j’avalerais séchement. Tu
décèlerais. Tu saisirais le canif et moi ton poignet,
mais bien sûr je te laisserais. Tu aurais l’assurance de me la faire croire. Sur
le fil, la lame prendrait son temps jusqu’au sang. Tu pousserais un petit cri
avant de rire, j’attraperais ton doigt avant tes lèvres. Seuls nos yeux
ne garderaient pas leur retenue. Je mêlerais nos doigts et nos sangs, tu
m’entraînerais traverser la rivière par le tronc. On lui taillerait l’écorce de
nos serments, la tranche de nos promesses.
On graverait nos mémoires d’un juré
craché.
Après je
t’emmènerais à la chocolaterie voir Willy Wonka, et puis on irait manger des
pommes si tu veux. Tu me donnerais des gages pour des enjeux d’enfants. Des
pierres particulières, Jacques a dit rien d’innocent. Entre chien et loup il faudrait
regagner notre cabanon blanc chat perché dans un arbre. Du chocolat al coda et
des bonbecs à tire-laribot. Un canif pour tout partager et des couettes pour
faire rêver. Un saphir, ou même un diamant pour craquer nos microsillons. La
voix acidulée de la femme chocolat. Ta voix chocolat de fille acidulée à croquer.
Une mine
émoussée, ça ne peut pas être méchant et c’est bien plus marrant. C’est doux
sur le papier comme un baiser sur une paupière. Un baiser sur le front, sur le
nez, sur la joue… Manquée.
Bafouillages
Une jolie marelle où il y aurait deux "paradis".
[...]
(Non, pas celle de "Bliss"...)
(Oui, plutôt une marelle hémisphérique.)
Ca valait le coup d'attendre.
1. Des yeux grands ouverts, les cils forcément agités, c’est tellement plus beau.
Je te dirais tout bas et tu m’entendrais pourtant. Je chuchoterais des secrets et l’ambiance en serait rouge. Il y aurait aussi un souvenir, une promesse, une praline à l’alcool, des cigarettes, un piercing, une sweet love, une esquisse, un CD pochette éclaboussée noire et blanche, des bouteilles sur le sol, un deux trois poèmes et des esquisses de toi.
(ho non, celle qui n'est pas de bliss est bien moins jolie que celle-là. Et laisse bien moins rêveuse... Chut à présent. Je rêve)
Le renard blanc charmant ne devrait jamais rester trop longtemps dans son terrier...
C4l1m3r0.. ça buvait le coup d'attendre, voulais-tu dire, nan ?
Aly.. il y aurait aussi des cigarettes en chocolat, artisanalement customisées, mais chut.. et des tas d'autres choses, si on laisse le temps nous faire grandir.. faudrait faire un barrage sur la rivière, arrêter le cours et s'échouer sur un rocher ou une plage.. y'a qu'à d'mander aux castors juniors, tiens.
Hémi.. ça c'est quand on a trop grandi.. on le savait déjà pourtant, on s'en doutait tellement, mais on ne pouvait pas le croire à ce point lourd ce caillou.. déjà sur la marelle miniature, tantôt on funambulait sur un pied, tantôt on mettait les deux dans le plat.. alors en plus sur la grande en forme de demi-boule, on voit même pas le paradis depuis la terre.. c'est pour ça qu'on dirait qu'on y jouerait pas.
Anitta.. le renard aime à musarder, ma poule.

