28 janvier 2006
Période défaite
Si vous étiez un tant soit peu tangibles, j’aurais accueilli votre main, j’aurais cueilli votre joue, je vous aurais présenté des vœux comme on respire un bon jour, comme on soupire une bonne nuit.
Mais vous n’êtes qu’affabulation électronique, qu’enchantement cybernétique, que mon fantasme égocentrique et surtout, surtout, mes vœux ne sont pas très présentables.
Décence.
Notre mère s’échauffe et fomente alors que nos pairs en gèlent. Des murs de carton s’embuent pendant que les cloisons armées s’emplâtrent et bétonnent. D’immondes porcs discriminent jusque dans leur soupe populiste, d’autres incriminables font la pluie, le beau temps et leur beurre dans nos casseroles climatiques.
Démences, outrances, violences et pogromes multiformes, on essaie malgré tout d’édulcorer nos âpretés. Un cri minable aussi, qu’en faire ?
Et indifférence, et devenir, et trois fois rien pour ces Messieurs Trois-étoiles, champions du monde, c’est zéro. Aux chiottes l’arbitre et ses assesseurs ! Prient nos frères. Le carton rouge est démesuré, à mort l’arbitre et ses apôtres ! Pour le deus ex machina qui y mettra le holà, je veux bien en entamer une.
Expectance.
Le point de rupture oscille.
J’ai le marasme émotionnel vénéneux, et j’en bouffe l’omelette. Notre trio a des relents de bonheur quand nos étreintes s’égrènent comme ça au rythme des jours. Nos regards ne s’échangent plus seulement au-dessus de notre fille, elle n’est plus la seule raison à nos sourires. Nos mots sont revenus alors que je pensais avoir prononcé le dernier affublé de ma panoplie de salaud. Mais elle m’en a dit que je ne lui connaissais plus, m’en a écrit que je ne lui savais pas. Noël a failli être le pire, il a finalement été le plus doux, mais les soudures n’ont jamais vacillé à ce point.
Latence.
Devant l’injonction j’ai pâli de justesse.
Un pigeon face à un oiseau de mauvais augure, robe noire et rabat blanc. Le petit juge, un humain, a pris ma bonne foi en gage et le corbeau n’a que tenté de me déstabiliser, a juste feint d’une manche. Je réglerai ce que je dois, mais je ne subirai pas leur collusion. Ils n’auront ni le plaisir de se farcir le dindon ni le loisir de chier leurs scrupules.
Instance.
J’avais rencard pour du taf.
Semelles claquantes contre gomme air cushion sole. Plis marqués, poches droites et plaquées contre denim usé. Col italien boutonné contre banana bell d’acier. Nœud simple contre chèche à double tour. Veste cinq boutons lainée contre cuir froissé. Du gris, du noir, un uniforme en somme.
Bonjour Madame. Gnagnagna. Votre profil nous intéresse vraiment, mais le poste n’est pas à pourvoir immédiatement. Et gnagnagna. Au revoir Madame.
Espérance.
Je viens d’aller regarder ma fille dans son sommeil, j’entends ses rires.
Il y a toutes ces choses à voir, à lire, à dire. A écouter, sentir et goûter.
Ce nectar à aimer, et cette idée derrière ma tête.
Stand-by.
Bafouillages
Je sais parfois m'x.
Je sais cette heure spéciale et les choses bues.
Je sais les mots même quand tu ne les dis pas. Ou alors j'en connais d'autres et ne les cherche pas.
Je sais que j'aimerai partager ton vin et trinquer comme on se sourit.
Je sais. Parfois. Je sais en tous les cas que les "si tu savais" que tu nous chuchotes sont les mêmes que l'on te murmure.
Si tu savais...
Et tout ce que je ne sais pas.
Cette nuit, au rythme de mes verres et de mes cigarettes, j'ai vu s'épaissir le tapis blanc de mon jardin. On n'aperçoit les flocons qu'à la discrétion de lointains lampadaires, ils sont si fins qu'ils ont pris leur temps. La nuit pour poser leur dix centimètres sur le banc de pierre. Le bambou s'est plié sous le poids et caresse le sol, la lumière se fait magie pour ce spectable endormi.
Si vous saviez comme c'est beau !
Si vous saviez comme je vais être à la ramasse pour le biberon de ma fille dans moins de deux heures... sa mère n'est pas là ce week-end.
Je me couche ou pas ?
> Je me couche ou pas ?
Parole.
D'abord.
je sais que tu sais qu'il en est qui savent...
du blanc sur les tapis qui fait sourire les enfants...
et parfois les meurtrissures des grands qui gèlent sur un stand by...
un jour on trinquera tous ensemble...un peu à rien...
juste pour le plaisir d'essuyer ce pour quoi on a trinqué ailleurs...le sourire vrai.
Diego.. Je garde mon canapé contre le chat, j'ai tous les bouts du rouleau, rois et dames à pique et à coeur, je me sens cavalier avec ma double poignée d'atouts, ma coupe est franche sur le carreau et mon trèfle est singulier avec ses quatre feuilles.
Si je plonge c'est manque de bol... :D
Epsi.. holà ! avec des bulles.. (pardon).. les sourires incontrolables et les yeux qui brillent, sous les étoiles, exactement (spéciale dédicace, Diego again).
Même tapis blanc mais j'avais planqué les verres.
Jamais synchrone...
Je les sortirai peut-être ce soir parce qu'ils sont beaux avec leur spirale gravée dans le cristal qui miroite et qu'ils sont encore plus beaux emplis de bulles ou de rubis.
Et puis je compterai les flocons dansant dans la lumière jaune des lampadaires... mieux que des moutons dont le troupeau me terrorise et qui me cernent, montrant les dents.
Plus de bouille tendre et délicatement rosée sur laquelle me pencher et me ressourcer à la tiède fontaine de son souffle.
Juste le souvenir de ce qui fut.
Tu es dans le devenir si je n'ai plus de futur.
Et c'est très bien comme ça.
A ton étoile... ton abri inaccessible...
Mon verre est simple et lisse, mais c'est comme ça que je les aime et il a l'ampleur qu'il faut.
J'ai gardé un peu de mon rubis pour ce soir, il est de ceux si sombres qu'il ne laisse rien transparaître échappé de sa bordelaise.
Ce n'est "que" le second vin de ce château alors certes, il n'a pas l'étoffe du grand cru, mais il a la virilité de ceux de son espèce. Et ce qu'il n'a pas tout à fait de la densité de son aîné, on l'oublie dans sa rondeur et sa tendresse. Celles de son nom l'évoque.
On pourrait presque croire que je m'y connais dis donc.
Pour résumer : i'déchire, ce putain d'vin.
Bon, je vais aller préparer une petite purée de fruits pour le goûter du fruit de mes entrailles, c'est ma fille, ma bataille, ohohoh...
(Je sais, je devrais dormir la nuit.)
Dormir, cela n'est rien. Dormir, la belle affaire...
(c'toi l'affabulation)
Mais veiller, Ô veiller...
(c'est moi qui suis qui dit qui est)
Affabulons.
Tournicoti, tournicotons dans ce manège en chantier.
Jolie construction sémantique, m'x. Et meilleurs voeux à toi aussi !
Quoi, tu sèmes Antique ? C'est un rapide pourtant.
Mais j'ai quand même un peu honte sur ce coup là.
Anitta.. merci, mais ça veut dire quoi sémantique ? tu sais faut pas utiliser de mots trop compliqués avec moi, je comprends déjà pas la moitié de ceux que j'usite (ou que j'invente).
C4l1m3r0.. oui je sais m'en tique, et alors ?! (ben là par exemple, j'ai pas compris).. ta honte est-elle plus supportable à présent ?
Ben euh... Sémantique, c'est comme quand tu fais le plein d'essence de ta voiture (j'utilise une image simple, là) et qu'au lieu du tuyau et des chiffres qui défilent sur le compteur de la pompe tu vois, dans un fracas titanesque, les roches du sous-sol fusionner au centre de la Terre et le pétrole, soudain, jaillir au milieu du désert... Enfin, à peu près, là.
bafouiller, c'est le mot
pas grand chose à dire quand je relis tout çà.
chez moi, plus de sourire, même devant ma fille, et mon fils, guerre ouverte
et le soir, quand le blues se fait un peu lourd, je vais regarder dormir mon fils,sentir l'odeur de la vie
enfance brisée à venir, peur
Anitta.. forcément comme ça, c'est clair comme de l'eau de roche.. (tu me l'as servie sur un plateau d'argent celle-là ;)
laouenanig.. (...) * regard empathique en coin et sourire tendrement gêné * (...)
Oui, les soudures vacillent souvent au poids d'un enfant
Les équilibres changent et on se demande sur quel fil on va funambuler.
Tu portes bien le collant ?
Mieux que le string latex, en tout cas.
Pour le reste, je crois que c'est plutôt l'inverse dans mon cas. L'enfant n'est absolument pas une cause et reste au contraire la soudure la plus solide.
Le fil n'en est pas plus stable.

