04 mars 2006
Glabre
L’alliance est rompue. Les anneaux entrechoqués ne s’ornent plus qu’à l’orée d’une vasque.
Les
bibelots de faïences se sont fait exposés à terre, sans trop de bruit, sans
bris, en attente de cartons de faillites à jeter. Les objets de valeur sont
déjà remballés pour ne pas être oubliés.
Les verroteries miroitent vainement, répendues éparses au beau milieu de casseroles disparates. Les bijoux n’attendent plus que d’être
cambriolés. Les meubles
frémissent encore dans l’expectative de montrer ce qu'ils sont, des meubles à sauver. Les musiques et les images se partagent à l’émotion.
Sa peur à lui a disparu, du moins est-il trop occupé à rassurer sa clique pour s’en soucier.
Non, sa peur a bien disparu. Pour un temps. Il a fini
son deuil ou presque. Elle non, ou à peine. Ses peurs à elle ont cru entendre
qu’il s’en bat l’œil. Archi faux. Tout ça n’était pas rien.
Il ne veut pas gommer
comme elle le pense, juste ranger le dessin avant qu’il ne soit surchargé et
prendre une nouvelle feuille. Elle aurait voulu rajouter des fleurs, il n’avait
pas la place de mettre un soleil, et des nuages, encore, pas question. Il doit assurer
qu’il sera toujours là pour veiller, elle ne veut que le croire, les peurs pour
un temps matées. Il humilie ses angoisses comme il peut, avilit la crainte
qu’elle a de perdre le père aussi. Elle va mieux. Pour un temps. Il murmure les
détails qui feront que… susurre les distractions de ses doutes et jure qu’il n’en
a aucun.
Il parvient assez bien à la délivrer, ça le soulage aussi.
Il s’en étonne, ne se croyait pas si capable. Finalement il est fort, ça le
réconforte.
Question de perspective. Un sommet quand on est fourmi, un petit monticule, un
petit amas de terre dans un jardin d’humain. Une taupière inconsciente pour capturer
l’effrayante, un tas de choses à chasser du pied. Il ne veut pourtant pas la
piéger, juste l’apprivoiser, la savoir là c’est important. Continuer à s’examiner,
à s’amadouer. Ne pas s’estimer sauvé, encore moins délaissé. Ne pas se
mésestimer, ne pas trop l’estimer. Ne pas laisser tomber.
La douleur sur sa peau, une pulsion. La douceur de sa peau, une virginité.
Bafouillages
Le premier qui me parle de la provenance des bijoux en question, qui me demande s'ils sont de famille ou acquis (à moi), je le claque.
Tu vois ? Toi, c'est Marcel Kanche qui t'a fait l'effet d'une craie crissant sur le tableau noir.
Moi, c'est de lire la version soft et tendre de ce que j'ai vécu en hardcore...
Pas eu ta veine !
Mes affaires, quand je suis allée les récupérer, elles étaient partie chez Emmaüs...
Bon. Ça s'est nettement amélioré depuis mais je regrette quand même ces quelques deux mois de haine qui auraient pu être évités.
Alors, ne m'en veux pas mais j'envie presque la douceur déchirante, la douleur exquise de 1 + 1 qui ne font plus 2 mais qui ne se retranchent pas, qui ne se divisent pas.
Je te fais confiance pour être toujours là même si tu n'es plus là.
PS : Tu as vu que j'ai remis en ordre la Radio The Divine Comedy rien que pour toi ?
Merci pour Divine.
Mais c'est marrant, ce soir j'ai mis les victoires, image sans son tu vois, pour quand même chopper quelques trucs sympas, Camille et Louise Attaque par exemple, et là juste quand je te lis, c'est Pauline Croze que j'ai écouté la première fois chez toi.
"T'es beau", quand même y'a un truc.
Quelquefois, il y a un peu trop d'échos pour invoquer le hasard... le marionnettiste laisse apercevoir des ficelles bien trop grosses pour être ignorées...mais trop fragiles pour s'y arrimer...
reste la petite musique et la voix qui résonne:
"T’es beau,
T’es beau parce que t’es courageux,
De regarder dans le fond des yeux,
Celui qui te défie d’être heureux.
[...]
Toi qui sors de scène,
Sans armes et sans haine,
T’es beau…"
C'était mon quart d'heure guimauve...
Un parfum de guimauve dans mes fleurs bleues, aussi, parfois.
Tu sais ce qu'elle te dit ma grosse ficelle trop fragile ?!
Moi aussi je vote Pauline Croze !
"Tu sais ce qu'elle te dit ma grosse ficelle trop fragile ?!"
Je sais pas pourquoi, mais je sens que ça va être encore une histoire de noeuds...
Anitta.. tape 1
Joseph.. t'as raison, on va finir par s'en mêler.. les ficelles et les pinceaux...
Eh ben
ça a pas l'air d'être la joie par ici non plus...
de tout coeur avec toi
Faut pacifier, dans la joie et l'allégresse !
Merci elle même... elle même ? mais t'es sûr ?
Les moments bénis de la résurrection ne se font pas sans l'ineffable remise à plat, bête et pragmatique. "Ce qui est à toi ; ce qui est à moi."
Tellement d'accord avec le quart d'heure guimauve de Pujol.
Tellement d'accord avec ta dernière phrase...
Le plus qui tue
Je t'ai mis un truc qui déchire, juste pour toi...
Tu ne vas pas t'en remettre. Promis... et pas que le numéro 6 !
Ou je suis cette salope de mère Térésa ! ;-))

