10 décembre 2005

Genêts d'ors et déjà, Madame...

Je n’ai de vos jours aucune idée, je l’avoue. Je n’ai de vos nuits que l’émoi de premières lettres.
Je n’ai de vos saisons que du rouge et du jaune. J’ai sur vos couleurs misé bleu, mais c’est ouvert.
Je n’ai de vos joies que le vin à coltiner. Je n’ai de vos chagrins que la honte des miens.
J’ai de vos mélodies une envie d’insomnie. Je n’ai de vos détresses que l’envie de tuer.
J’ai de vos mélancolies tout le vague à l’âme. Je n’ai de vos douleurs que le cri en sursis.
J’ai de votre tétanie les sursauts statiques.

J’ai de votre cafard, le fog en boîte crânienne ;
J’ai de vos scarabées "I wanna hold your hand".

J’ai de vos goûts rustiques la couche patinée. J’ai de votre bonté le goût du bon pain frais.
Je n’ai de vos prisons que la chaîne, le boulet. J’ai pour vos saveurs, l’appétit d’un grand veneur.
Je n’ai de vos allures que l’imagination. Je n’ai de vos traits aucune idée de beauté.
Je n’ai de vos parfums que cette viennoiserie. J’ai de vos préférences le penchant exalté.
Je n’ai de vos murmures aucun flonflon connu. J’ai de vos flocons les embûches à dégivrer.
Je n’ai de vous que l’électricité statique.

J’ai sur votre vie, une vision de bas étage ;
Mon pied-à-terre a vue sur vos jardins secrets.

Je n’ai de votre joue que le courant qui passe. Je n’ai de votre peau qu’une pêche satinée.
Je n’ai de vos mains froides qu’une sensation absurde. Je n’ai de votre cou que mon cœur à portée.
Je n’ai de vos jupons que le souffle d’étoffe. Je n’ai de votre sein que la blanche volonté.
J’ai de votre tournure le cul du saint-esprit. Je n’ai de vos émotions que ma chair de poule.
Je n’ai de vos baisers que l’envie d’abandon. Je n’ai de vos lèvres que les mots que j’y glisse.
De votre bouche, les aseptiser à les taire.

Je n’ai de vous, enfant, pas la grâce de l’âme ;
Je n’ai pour vous, Infante, pas la vaillance d’un prince.

Je n’ai de vos errances pas le corps, que mon être. Je n’ai de votre tram qu’un caténaire jaloux.
J’ai de nos parallèles la rencontre infinie.
J’ai de votre lacune la chambre dans les combles. Je n’ai de votre accueil qu’un récit frelaté.
J’aime de votre lagune le corail, les pétoncles. Je n’ai de votre écueil qu’un récif relaté.
J’ai de votre amour une pierre blanche à la poche.

Je n’ai plus d’elle que le goût au front de ma belle.

Si d’aventure vous lisiez en vous, je n’aurais
Voyez-vous Madame, pas à rougir d’adultère,
Que de vol suspendu au commun des mortels.

A trop vouloir la lie au creux d’un verre à pied,
Ne pourrions-nous nous croiser, au fin fond d'un zinc ?
Je voudrais nous voir franchir ce cap délicieux,
L’instant où nous n’aurions plus envie d’être ailleurs,
Nos esprits en phase, en phase de contents cieux.
Je n’aurais certainement plus une rime à rien,
Vous n’auriez à ma bouche plus qu’un vers à deux pieds.

Je n’ai d’ores et déjà, Madame, que l’envie folle
De vous trouver belle, dans votre sommeil, soûlée
Genêts d’ors, et déjà Madame, mon cœur s’affole.
Dormez sans gêne, déjà ma belle, vous m’enivrez.

Blablabla bla m'x bla 03:20 blabla... Blablabla ### 22 ###

17 novembre 2005

Orangé par les vers

Le soleil en déclin s’étant tu un moment, il se promenait à l’air absent de degré.
Les cailloux du chemin suivirent le faux-fuyant, lui le sentier, d’herbe humide et grasse en rocher.
Voir son parchemin devant l’ayant dérouté, il voulait crayonner et offrir une page blanche,
Gravir l’esprit hésitant, le pas assuré, et en profiter pour griffonner sous les branches.

Les conifères étant privés de tronc, il fallait se baisser et glisser en tapis de feuilles.
Comme un amas de biscuits trempés, la moquette automnale avait perdu de son croustillant.
Le froissement léger prévenait du soupir à venir, l’odeur prévoyait un instant à l’oeil.
Il n’entendait franchement rien à son souvenir, mais le parfum de surprise devenait criant.

Il essayait gauchement de classer ses priorités, quand de sa droite déboula une clairière.
Des boutons de roche poussaient plus beaux que des fleurs au sein d’une mousse si verte et si épaisse,
Qu’il lui semblait fuir ses faux-semblants à chacun de ses pas. Le ciel explosa entre les cimes.
Il s’avança jusqu’aux pieds des épicéas, là où la lumière s’attachait au plat d’une pierre.
L’invitation à s’y asseoir était odieuse, la mise en scène souffrant de l’absence d’une déesse.
C’est dans le creux de flaque sur le minéral, qu’il vit les pieds nus de celle qui connaît son intime.

" Penses-tu que je te suis, à venir toujours là où tu es ?
- Point, quand l’étourdissement m’étiole à te voir là où je nais.
- Dans ma cage mordorée, tous les tourments s'ennuient.
- Des rêves ajournés par la lueur assommante ?
- Je veux que tu sois ce que tu veux que je sache.
- Je suis en partie ton vœu, partie que tu caches.
- Quand sonnent les songes échappés de geôles apaisantes.
- Qui rêve de nos jours en parure de leurre, sans nuit ?
- Point quand l’éblouissement m’étoile, ne pas voir là où je hais.
- Penses-tu que je ne suis, à venir toujours là où tu n’es ? "

Il décelait tellement, qu’il ne le pensait pas.
Elle se pensait moins belle, à délaisser ses gammes,
Il n’imaginait pas d’yeux moins beaux que son âme.
Ne voir que ses pieds nus, ne pas s’en tenir las.

" Tu m’entends par ta voie, ne sais pas ma fadeur.
- Je ne montre que pieds nus, que vois-tu de mes cieux ?
- Je n’ai besoin de voir que pour croire ta langueur.
- Tu m’étends par ta voix, je m’écoute dans tes yeux. "

" Vois sur les collines en face, entre ciel éther !
- Ces deux-là nous ressemblent, ils semblent sœur et frère.
- Ces deux autres semblables ont l’aimable air d’amants.
- De nous ils ne sont que d’autres chemins charmants. "

Sentant venir l’instant, il but à la source de ses pieds nus,
Et ne vit dans les anneaux troubles, que des brisures de lune.
Une autre nuit peut-être l’apercevra-t-il en creux de dune.
Un autre jour sûrement le croisera-t-elle au point de vue.

Il trouva en pied de pierre deux beaux cèpes offerts.
Un bolet en offrande à ronger par les vers,
Il prit l’autre en aubaine à gagner sa vallée.
Tout allait bientôt se peindre d’un vert orangé.

Ils ne sont que d'autres chemins charmants,
Arpentés par quelques vers arrangeants.

Des chemins à ranger,
Au fond de verres changeants.
Des chemins à ronger.
Fondre au vert orangeant.

Blablabla bla m'x bla 00:27 blabla... Blablabla ### 9 ###

05 novembre 2005

Comment je suis devenu stupide

Moi aussi j’suis un rebelle.
Moi non plus je n’aime pas les chaînons de tintouins imposés, mais j’aime recycler mes expressions.
Mon besoin de rébellion est de l’ordre du paroxysmique, du paroxystique, du paroxysmale - c’est comme tu veux – tellement la plupart du temps, j’éprouve même du malaise à me conformer à la masse, paradoxalement aussi ignoble, de tous ceux qui comme moi, ne veulent pas se confondre avec le plus grand nombre. Cela me pousse parfois à agir apparemment comme tout le monde, en y apportant mes inflexions nécessaires, et sans me soucier que l’on puisse penser que, soit je fais mon intéressant, soit je fais comme les autres, au risque de finir par n’être ainsi totalement reconnu par personne. Elle est là ma clef, ne m’embarrasser que de mon propre regard, et surtout refuser le non-conformisme comme principe de vie. Le conformisme également, ça va de soi. En fait je me fous de décevoir autant que de passer pour marginal ou dans la norme. Je me fous d’être jugé. Je veux juste trouver le mix qui convient. Et même si je sais, et me réjouis de n’être pas seul à agir de la sorte, cela m’insupporterait presque.
Je la sens bien partie cette note qui aurait dû ne pas exister ou ne faire que trois lignes.

(…)

Votre correspondant est en ligne actuellement, nous lui signalons votre appel par un signal sonore.

(…)

Je pousserais bien un peu dans le paroxysme en vous expliquant que ma révolte ouverte s’étend également contre ma propre autorité. Je suis dans l’incapacité de m’établir quelque dogme que ce soit, sinon pour avoir le loisir de leur retirer tout caractère idéologique en les enfreignant à ma guise, car je suis un duc qui boit comme un trou. On m’appelle d’ailleurs le trou duc de guise.
Mon anticonformisme avec moi-même me pousse donc à faire des choses que je serais susceptible de trouver crétines, en d’autres circonstances dénuées d’un intérêt pour moi. Comme de répondre aux questionnaires bêtassous à souhait. Mais je te rassure mon Capitaine ! Ô Capitaine ! Je me place dans une circonstance atténuante dans la mesure où je le fais uniquement parce que j’y trouve un prétexte ad hoc.
Fi adonc du pertinent laconisme et du concis ! A question idiote, réponse caméléon iguane idoine.

(…)

Ne quittez pas, un correspondant cherche à vous joindre.

(…)

En fait de rebelle, je ne suis qu’un opportuniste, capable d’enfiler une veste réversible griffée JPG sur un t-shirt non estampillé. Mais tu peux compter sur moi pour te dire merde le jour où ton questionnaire ne m’en inspirera pas plus, c’est dit.
Et de toute façon, tu l’as sans doute compris, quitte à faire comme les autres, j’aime autant le faire pas pareil. Donc n’attends pas de moi des réponses strictes aux sangsues, je préfère leur filer des coups de latte aux sangsues.
J’te laisse réfléchir là-d’ssus.

(…)

Chat-bite ! Et pas l’droit d’retoucher son père.

(…)

Manifestement, tu ne sais pas que je n'ai pas de bibliothèque chez moi, Anitta. D’ailleurs, comment le saurais-tu. Mes quelques bouquins sont par petites piles, par trois, par deux ou seuls, posés çà et là, éparpillés bien en vue, oubliés dans un coin, agonisants au fond d’un placard ou bien en vie dans d’autres mains.
Alors pour trouver celui du milieu, merci !

Dans mon dos, sur la table basse derrière le canapé, il y a bien deux Harlan Coben qui traînent depuis qu’on me les a rendus, mais va trouver celui du milieu toi !
Sur l’étagère à hauteur d’accoudoir, à ma gauche, il y en a d’autres. Cinq. Un devrait donc se trouver au milieu. Mais les cinq ne constituent pas une pile, tu l'imagines bien, ce serait trop facile.
Sur la gauche, Tonino Benacquista chevauche Maud Tabachnick devant le petit vase jaune en verre dépoli, le saloupiot. Les morsures de l’aube sur Le tango des assassins. Ces deux-là aussi traînent ici depuis fort longtemps.
A droite, à côté de la lampe cubique Domino, jaune, orange et rouge, en polypropylène sérigraphié de motifs toscans, attendent les Confessions d’un baby-boomer de Thierry Ardisson à Philippe Kieffer. Je ne l’ai pas encore ouvert, on vient de me l’offrir sous prétexte qu’il y a un peu plus de deux mois s’est révolue ma trente-troisième année, en cette période de révolte où j’imagine que le verbe "se révolir" existe.
Au milieu de l’étagère, devant le chandelier ressemblant à un arbre mort à trois branches tout droit sorti de Sleepy Hollow, il reste donc, cinq moins deux moins un : deux bouquins. Heureusement ils ne sont pas alignés, celui du dessus est très largement décalé vers la gauche.
Ben voilà, je le tiens mon livre du milieu !

*Roulement de tambour*

Tadam !

stupide2

Comment je suis devenu stupide de Martin Page.
Une petite chose intelligente et amusante qui se lit en deux couinements de cuillère-appeau.

Oh, la joyeuse et fortuite coïncidence !
Permettez-moi cette exclamation pléonastique, tellement j’avais justement l’intention de te parler de ce livre-là un jour ou le suivant. Vois-tu la confusion dans laquelle je me trouve, à ne plus savoir si tu es vous ou si vous êtes tu.

Pour toi qui n’as peut-être pas rien tout suivi, je réponds en fait ici au "Questionnaire du milieu". A son titre on eût pu* supputer qu’il fût inventif et sagace, pour ne pas dire intelligent, si tant est que cela soit à la portée d’un questionnaire de cette nature. Mais que n’hennit l’âne que je suis ! Tout cela serait plutôt enclin à me faire braire plus que de coutume.
Le questionnaire donc, puisqu’il est nommé ainsi, demande de prendre le livre du milieu dans sa bibliothèque, et de noter la phrase qui se trouve au milieu de la page du milieu.
Voilà, that’s all… Clerver, isn’t it?

Alors je l’ai dit, je le fais. Je m’y plie.

Voyons maintenant où se trouve le milieu, étant donné que le livre se termine un peu après la moitié de la cent vingt-cinquième page, et ne commence qu’après le premier quart de la septième, mais en faisant abstraction des blancs laissés entre les chapitres. Je prends mon rapporteur, mon équerre, mon compas, mon critérium mine HB0.5, ma gomme Mallat et ma Texas Instrument TI-25X Solar. J’invoque la toute puissance et le pouvoir du crâne ancestral et du Capitaine Flam réunis, je pose trois et je retiens douze… Le milieu doit se trouver très exactement à la fin du premier tiers de la soixante-cinquième page.
Vous m’en rendrez la démonstration, calculs et schémas à l’appui, vendredi en huit.

« Au collège et au lycée, Antoine avait subi l’humiliation institutionnalisée – avec d’autres camarades mal taillés pour la pratique des activités physiques – d’être toujours choisi parmi les derniers dans la constitution des équipes de football et de volley. »

Mais lorsque j’eus tout d’abord commis une erreur de fonction mal intégrée, la solution erronée jaillissant de ce premier calcul fut cette phrase du début du dernier tiers de la soixante-quatrième page :

« D’un tiroir, Edgar sortit du sirop ; il en donna deux cuillérées à Antoine, puis lui proposa un Twix. »

Edifiant, n’est-ce pas ? Je suis sûr qu’il ne vous en faut pas plus pour avoir envie de le lire.
D’où l’intérêt du truc.

Mais tout de même, j'ai bien envie de vous allécher un peu plus.
Et ce n'est pas sale.


D’abord le préambule, deux citations.

« Il leur enviait tout ce qu’ils ne savaient pas. »
Oscar Wilde, Le Crime de lord Arthur Savile.

« Ob-la-di ob-la-da life goes on bra. »
The Beatles, Ob-la-di ob-la-da, album blanc.


Ensuite, je ne sais pas vous, mais je lis toujours le début d’un bouquin pour me persuader de l’acheter. Et là, le début a résonné clairement et le premier paragraphe a suffi. Ce début s’est d’ailleurs rappelé à moi lorsque j’ai retrouvé l’autre jour chez mes parents la photo de la note précédente.

« Il  avait toujours semblé à Antoine avoir l’âge des chiens. Quand il avait sept ans, il se sentait usé comme un homme de quarante-neuf ans ; à onze, il avait les désillusions d’un vieillard de soixante-dix-sept ans. Aujourd’hui, à vingt-cinq ans, espérant une vie un peu douce, Antoine prit la résolution de couvrir son cerveau du suaire de la stupidité. Il n’avait que trop souvent constaté que l’intelligence est le mot qui désigne des sottises bien construites et joliment prononcées, qu’elle est si dévoyée que l’on a souvent plus avantage à être bête qu’intellectuel assermenté. L’intelligence rend malheureux, solitaire, pauvre, quand le déguisement de l’intelligence offre une immortalité de papier journal et l’admiration de ceux qui croient en ce qu’ils lisent. (…)
Il avait passé la nuit à écrire. Dans un grand cahier d’écolier, après bien des tâtonnements, après des pages de brouillon, il avait enfin réussi à donner une forme à son manifeste. Avant cela, pendant des semaines il s’était exténué à trouver une échappatoire, à imaginer des faux-fuyants probants. Mais il avait fini par admettre l’effroyable vérité : c’est son propre esprit qui était la cause de son malheur. Cette nuit de juillet, Antoine avait donc noté les arguments qui devaient expliquer son renoncement à la pensée. Le cahier resterait comme le témoignage de son projet, au cas où il ne sortirait pas indemne de cette expérience périlleuse. Mais sans doute était-ce là avant tout le moyen de se convaincre lui-même de la validité de sa démarche, car ces pages de justifications avaient l’apparat d’une démonstration rationnelle. »


Mais je lis aussi le quatrième de couverture.

« - Tu veux dire, prononça Ganja en mâchant des graines médicinales, tu veux dire que tu as été stupide d’essayer d’être si intelligent, que c’était à côté de la plaque, et que devenir un peu stupide, c’est ça qui serait intelligent… »
Antoine a beau être diplômé d’araméen, de biologie et de cinéma, il n’en est pas plus heureux. Et, selon lui, ce sont précisément son intelligence et sa lucidité qui lui gâchent l’existence. Aussi décide-t-il d’arrêter de penser. Il envisage d’abord de devenir alcoolique, mais dès le premier verre, il sombre dans un coma éthylique. Il s’intéresse ensuite au suicide, mais la mort ne l’attire décidément pas. Reste l’acte ultime : la crétinisation.
Loin de tout moralisme, avec humour et détachement, Martin Page pointe les contradictions contre lesquelles nous nous battons tous, pour peu que nous tentions de réfléchir.



Et puis, je vais me permettre - étant le seul à qui cela puisse incomber en l’état actuel des choses et à cet instant précis - de vous laisser quelques autres petits morceaux choisis un peu au hasard.

« - Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais avec la dimension, la circonférence et le poids d’une baguette, on peut obtenir le nombre d’or. Ce n’est sans doute pas par hasard.
Le boulanger acquiesça et lui donna un pain complet.
»

« J’ai souvent souffert de ce racisme positif, de ceux qui confondent l’apparence de l’intelligence et l’intelligence, et vous condamnent, d’un préjugé faussement favorable, à incarner une figure d’autorité. De même que l’opinion s’extasie sur le jeune homme ou la jeune fille ayant la plus grande beauté, pour l’humiliation silencieuse des autres moins bien dotés par la nature, j’étais la créature intelligente et cultivée. Combien je détestais ces séances où je participais, malgré moi, à blesser, à abaisser des garçons et des filles jugés moins brillants ! »

« Une personne sage dans une discussion aura toujours l’impression de simplifier, et son seul désir serait de faire des ratures, de coller des astérisques à certains mots, de mettre des notes en bas de page et des commentaires en fin de volume pour exprimer vraiment sa pensée. Mais dans une conversation au coin d’un couloir, à un dîner animé ou dans les pages d’un journal, ce n’est guère possible : il n’est pas question de rigueur, d’objectivité, d’impartialité, d’honnêteté. La vertu est un handicap rhétorique, elle n’est pas efficace dans un débat. Certains esprits, voyant la vacuité nécessaire de toute discussion, ont choisi d’être espiègle et de suggérer la complexité par le paradoxe et un humour distancié. Pourquoi pas, après tout c’est un moyen de survivre. »

« Les hommes simplifient le monde par le langage et la pensée, ainsi ils ont des certitudes ; et avoir des certitudes est la plus puissante volupté en ce monde, bien plus puissante que l’argent, le sexe et le pouvoir réunis. Le renoncement à une véritable intelligence est le prix à payer pour avoir des certitudes, et c’est toujours une dépense invisible à la banque de notre conscience. »

« Le maçon se sert de ses mains, mais il a aussi un cerveau qui peut lui dire "Eh ! Ce mur n’est pas droit et, en plus, tu as oublié de mettre du ciment entre les parpaings". Il y a un va-et-vient entre son travail et sa raison. L’intellectuel travaillant avec sa raison ne possède pas ce va-et-vient, ses mains ne s’animent pas pour lui dire "Eh, bonhomme, tu te goures ! La Terre est ronde". Il manque à l’intellectuel ce décalage, alors il se croit capable d’avoir un avis éclairé sur tous les sujets. L’intellectuel est comme un pianiste qui, parce qu’il utilise ses mains avec virtuosité, pense avoir les aptitudes pour être, naturellement, joueur de poker, boxeur, neurochirurgien et peintre. »

« Il en avait assez de cette acuité d’observation qui lui donnait une image cynique des rapports humains. Il voulait vivre, pas savoir la réalité de la vie, juste vivre. »

« - J’adhérerai à ce qu’aujourd’hui je condamne (…) Je deviendrai un grippe-sou, égoïste, sans autre soucis que l’argent, sans autre tourment et grande question existentielle que la façon d’en gagner le plus possible.
- Tu risques de devenir un vrai connard, alors, remarqua Charlotte.
- Etre un vrai connard, c’est un bon remède à ma maladie. J’ai besoin d’un traitement radical : être un connard, ce sera la chimiothérapie de mon intelligence.
»

« Le grand problème pour Antoine fut de découvrir les mines merveilleuses qui, au milieu des roches et du minerai, abriteraient les diamants de stupidité. Pointer du doigt quelques imbéciles, la bêtise générale et ambiante, cela serait facile, mais c’est la plupart du temps le camouflage d’un jugement de valeur. Si on disait que le foot, les jeux télévisés, les médias sont stupides intrinsèquement, cela serait simple. Mais, pour Antoine, il était clair que la stupidité était plus dans la manière de faire les choses ou de les considérer que dans les choses elles-mêmes. En même temps, avoir des préjugés était stupide, aussi Antoine trouva que c’était un bon commencement pour sa nouvelle vie. »

« Il était en train de doucement s’installer dans la normalité quand il décida de passer le test suprême qui prouverait la réussite de son intégration : le McDonald’s. (…)
- Bonjour ! Dit-il à la jeune femme en face de lui.
- Vous voulez quoi ?
Antoine était charmé par cette économie relationnelle : il n’était plus nécessaire de lancer une formule de politesse mécanique. Il s’en abstiendrait donc. C’était plus franc, plus honnête finalement. Il regarda les menus.
- Un menu Best of McDeluxe, déchiffra-t-il sur le panneau lumineux, alléché par la promesse de manger pour trente-deux francs un aliment contenant le mot « luxe » dans sa dénomination.
- Boisson ?
- Oui, bien sûr. C’est parfait.
- Quelle boisson voulez-vous ? demanda la jeune femme, un peu excédée.
- Du Coca, oui, essayons du Coca.
Pour obéir aux us et coutumes de cette nouvelle réalité, il eut le réflexe de s’abstenir de tout remerciement. (…)
Il dut reconnaître qu’il aimait ça. Ce n’était certes pas très bon pour la santé, les emballages ne devaient pas être biodégradables, mais c’était simple, peu cher, très calorique et à la saveur rassurante. Le goût lui donnait l’impression de trouver une famille sans frontière, de rejoindre les millions de personnes croquant au même instant dans un sandwich identique. Comme une chorégraphie internationale, il exécutait les mêmes gestes d’achat, de transport de plateau, d’aspiration de Coca et d’ingestion de frites et de sandwich que d’autres danseurs-consommateurs dans des temples exactement semblables. Il sentit un certain plaisir, une confiance, une force nouvelle à être comme les autres, avec les autres.
»

« Quand on constate que l’on est un des rares à observer des principes moraux dans les rapports humains, il peut être tentant de sombrer dans l’amoralité, non pas par conviction ou par plaisir, mais simplement pour ne plus souffrir, car il n’y a pas plus grande douleur que d’être un ange en enfer, alors qu’un diable est chez lui partout. Antoine allait emprunter à ce comportement qui consiste à s’intégrer en offrant en sacrifice ses idéaux, la damnation permet tout, pardonne tout. »

« J’aimerais pouvoir dire, à la conclusion de cette aventure, comme le personnage de Joker dans Full Metal Jacket : "Je suis dans un monde de merde, mais je suis vivant et je n’ai pas peur." »


Bon, et puis ça va peut-être suffire les conneries maintenant.
Avant que le trop ne se mette comme d'habitude à nuire au bien.
Vous avez certainement autre chose à faire et vous avez dû vous faire une idée.

Avant que le soleil ne pointe**, je vais aller enfermer mes yeux dans un monde de songes.
Rabattre mon écran matérialiste imbécile, et laisser filer la souris sur ma table Paris-Tokyo en hévéa massif plaqué érable naturel et au design contemporain, capable d’adopter aussi bien une position occidentale que japonaise, et ingénieusement munie en son centre d’un grand plateau amovible très pratique pour les apéritifs dînatoires...

A partir de demain, je cesse momentanément de boire.


______________

* Veuillez ne pas confondre mon "eût pu" avec un plus-que-parfait du subjonctif qui serait tout à fait incorrect, j’aurais pu utiliser la première forme du passé du conditionnel plutôt que la seconde pour éviter la confusion, encore aurait-il fallu que le fût soit plein, bien qu’imparfait du subjonctif, je l’aurais bu à ma guise, c'est-à-dire comme un trou.

** Trop tard.

Blablabla bla m'x bla 08:13 blabla... Blablabla ### 11 ###

31 octobre 2005

Môme à l'amer

mome1

A cette époque je n'écoutais qu'à peine le flip-flop des ondules.

Certaines questions ne trouveront toujours que d'autres questions en réponse.
Mais on peut remplacer toujours par jamais en pensant que c'est une solution.



Ma grande frustration est de ne pas savoir chanter,
Quand je gratte les vieux nylons de la, fa, do, sol.
Ajoute si et ré, je vois Des visages des figures.

Je tente un murmure, mais mes mots s'en mêlent.
De ceux de Cantat, il ne reste plus grand chose,
Et j'écorche tout à la fois, la chanson et moi...


Si je savais chanter, je t'aurais fredonné.


Mes images, ma figure
Envisagent ma blessure
Me figurant l'effacer
J'suis face à ma face B

Un an sensé, assez difforme
M'informe, m'atterre
Entrevu de plus beaux atours
C'est moi le fou qui joue un tour

Dernier raccord
Môme à la mer
Homme, âge amer
Un pas lissé
Pardessus d'or

S'enterrent, sans grand air
Moues aisées, boule d'acier
De belles preuves d'amitiés
Des points d'os asséchés

J'ai douté des détails, jamais du don des nues
Enchantées, j'ai dit aïe, tu n'as rien entendu

Des torts, des mépris me reviennent
Des efforts, déveines, des artères
Enflées, enflées, bête homme j'avoue, j'essaie

Et si tout revient en claque
Je freine, je traîne
J'ai pas aimé me taire de trac
Et surtout encaisser, hanté

Mes images, ma figure
Envisagent ma blessure
Me figurant l'effacer
J'suis face à ma face B

J'ai douté des détails, jamais du don des nues
Enchantées, j'ai dit aïe, tu n'as rien entendu
Sans chanter je me braille, je suis entièrement nu
T'as douté des détails, et même du don des nues...

Blablabla bla m'x bla 03:21 blabla... Blablabla ### 21 ###

25 octobre 2005

Pochette surprise

dbccJe te fais pas l'affront de te dire que si tu cliques, tu l'as en grand la photo... ah ben si.

Alors, il s'agit d'un grand jeu con... cours, Forest, cours !

Celle ou celui qui me dit à quelle illustre pochette, d'un tout aussi glorieux album, d'un non moins mythique groupe qu'absolument tout le monde connaît... à quelle pochette donc, celle-ci fait référence en un hommage non dissimulé... celle ou celui qui me le dit, donc, gagnera le droit d'écouter ce qu'il y a dedans, voilà.

Et puis ben du coup, les autres également.


Oui mais alors si personne ne trouve ?

Pas possible. T'as vu l'assemblée de mythom mélomanes qu'il y a ici ?!!!


Un indice totalement inutile : L'artiste qui est derrière cette pochette est en fait dessus.
Un second pas plus utile sinon moins : Je la trouve magnifique cette pochette, pas comme l'autre.


Donc :

sgtpepper


Grâce à Fugitive, mais pas rien que pour Elle, en écoute dès à présent dans votre radio préférée, l'album "Cripple Crow" de Devendra Banhart.
Allez, dites bravo et merci !

(Je suis fourbe, j'avais en fait déjà promis cette diffusion à un certain Monsieur 32+8+2 que je ne nommerai pas.)

Blablabla bla m'x bla 03:32 blabla... Blablabla ### 20 ###

20 octobre 2005

Ne dis pas fontaine.

Tu y plonges avec un plaisir interrogateur, l’entrée en matière est fluide, l’imprégnation propice, l’éclaboussure limpide.
Tu y replonges avec un désir inquisiteur, les remous sont enthousiasmants, les vagues délicieuses, les ressacs véhéments.
Tu y re-replonges pour tenter de toucher le fond, tu restes en apnée, tu laisses flotter.
Tu enchaînes les langueurs, tu bois et rebois la tasse, l’alcool est oxygéné, tu respires.
Tu te jettes à l’eau sans chlore, sans mycose, sans mi dissonant, pour cause.
Tu t’y mets à nu et tu en tombes, avec eux, avec aise, avec esse résonnante.

Va écouter Elbow - Leaders Of The Free World.
Va lire, ça n’engage à rien, c’est dans z’x radio.

Blablabla bla m'x bla 05:21 blabla... Blablabla ### 8 ###

18 octobre 2005

Post à deux balles (par personne, c'est pour faire un cadeau)

Tu me diras pas quand même que le hasard ne propose pas de ces coïncidences parfois.
Je dis ça, c'est pour rebondir un peu sur la note précédente.
Djboïng !

Non parce qu'il y a un an jour pour jour, j'ouvrais cet espace.
C'est l'un de mes illustres confrères qui me l'a fait remarquer il y a quelques minutes (heures ?!! oh mon dieu !), alors que nous tentions de communiquer pour la première fois (c'est toujours difficile la première fois, mais ça va, j'ai pas eu mal) via un système de messagerie instantanée. Il dort peut-être maintenant le bienheureux , repu de cette conversation de haute volée, du sommeil du juste une trentaine de clopes, pas plus, sinon ça gave. (flash de dernière minute : ah ben non en fait)

Alors tu vas me dire, et je te comprends (surtout si tu es du sexe féminin) : mais elle est où la coïncidence, là ?
Et moi de te répondre que je t'emmerde (surtout si t'es un mec), mais je te explique, si toi pas comprendre.
Cet hurluberlu (oui, il est belge), est l'un des tout premiers à m'avoir accueilli sur son bloug (bizoux Aly au passage), pour ne pas dire le premier de mes liens. C'est chez lui que j'ai fait mes armes de commentateur sportif (oui, je sais, mais tu remarqueras que nous nous sommes tout de suite fort bien entendus), lui qui débutait également.

Alors la voilà ma coïncidence, ça te troue pas l'cul ça, peut-être ? Nan ?
En tout cas moi, je suis content que ce soit justement lui qui n'ait pas pu me souhaiter un joyeux non-blogoniversaire cette nuit. Voilà.

Et si t'en as rien à branler, ben je vous emmerde, parce que je suis poli et que je suis dans la merde, sentimentalement démissionnaire et professionnellement suicidaire (vous danser mademoiselle ?), et puis pour fêter ça je vais me taper un poulet (enfin, le bouffer), le poulet numéro 728 120 pour être exact, un poulet de Vendée élevé en plein air 89 jours et 90 nuits.
(je te vous renvoie à l'humeur du jour)

Et puis la bougie je me la carre dans l'fion, depuis le temps que je me demande quoi en faire...

Blablabla bla m'x bla 05:40 blabla... Blablabla ### 24 ###

15 octobre 2005

Sur les berges visqueuses, je raque.

Si j’avais su l’émotion qui se tramait à l’intérieur, je ne sais pas si je m’y serais précipité ou si j’aurais préféré déguerpir. Mais je ne savais pas, alors je ne saurai jamais.

J’y suis entré les yeux sur mes godasses, le nez dans de ternes pensées, et une lèvre pâle entre les dents. Je me suis assis à une table encore chaude, la banquette semblait pourtant imiter le charnu de chairs glaciales. Mes doigts ont façonné machinalement la tige en attendant l’achèvement du processus sous pression, un café ou un demi je ne sais plus, mais l’un des deux c’est certain.

J’ai mis du temps à détourner mes yeux du bout de mon nez. Mon regard s’est distendu sur l’horizon le plus proche après que mon clopiot se soit embrasé. Et c’est là que je l’ai vue. Et c’est là que je l’ai reconnue.
Le temps avait l’air d’être passé sans avoir pesé, la silhouette de trois quarts dot se calquait exactement sur mes stigmates. Mon cœur s’enroulait comme du lierre autour de sa sellette de comptoir. Ses jambes se croisaient du côté gauche et ses coudes étaient posés. Sa main du même clan, à la tenue délicate, se gobergeait de nicotine à hauteur de front, alors que l’autre tripatouillait un briquet. Un mini Bic. Orange. Son verre était vide.
Dans le miroir derrière le bar se défigurait son visage, le nez démuni, les yeux collés au zinc, et des fragments de cœur brisé aux lèvres. Des mèches profondes lui brodaient des ombres et des soupçons d’éclats. Elles abritaient sa nuque et déguisaient ses épaules que je savais saupoudrées de rousseurs, récurrence homérique d’une lente mélodie sur sa peau lisse.
Roxane.
C’est là que mes yeux se sont perdus dans un horizon inexistant. Des souvenirs doux et tendres en marshmallow. Une écorchure profonde et purulente en réminiscence.
Le hasard m’avait proposé cette coïncidence, des années d’oubli, et quelques jours avant celui-ci je m’étais fait raconter sa vie en échange d’un verre bien rempli. Pas ses joies, pas ses angoisses, ni ses euphories, ni ses peines, mais les faits, rien que les faits. A moins que l’on ne m’en ait fait subir le récit en remplissant mes verres, je ne sais plus.
Mais je savais qu’elle vivait agréablement de ce qu’elle avait toujours voulu faire, et j’en étais heureux. Je savais qu’elle avait plusieurs fois partagé sa vie, je savais ses déboires. On m’avait expliqué qu’elle s’était fait accaparer sa vie, j’en avais été affligé. On m’avait dit qu’elle venait de le quitter, j’en étais soulagé. Parce que je le connaissais, le salopard.
Christian.
J’avais compris bien tard le manipulateur avide sachant camoufler son ambition prétentieuse, sa superbe arrogance, sa vanité sotte, son bête orgueil, sa gloriole de mariole, son costard de connard aussi seyant que son biceps saillant. Il l’avait toujours voulue, c’est uniquement pour elle qu’il avait fait l’ami, masquant ses désaccords et composant selon notre partition. Je l’avais compris bien tard, trop tard pour qu’elle l’eût su.
Ils s’étaient donc retrouvés. Ou il l’avait retrouvée, sûrement pas par hasard. Elle avait dû le démasquer à son tour, impossible d’en douter. Ce soir-là, peut-être cautérisait-elle la plaie, mais elle était belle derrière son sourire abîmé.

Mes yeux s’étaient de nouveau accommodés. Elle s’est brusquement mû de gestes souples que je reconnaissais, et a écrasé sa cigarette oubliée de cendres. La mienne s’était éteinte. Elle a réglé et s’est levée, je ne pouvais me détacher de la laisser partir. Si près de la porte, peut-être a-t-elle senti le poids du passé que je couvais des yeux, mais pourquoi a-t-elle dégagé son regard de l’abandon pour le glisser dans le mien ?
Pour ne pas s’infliger la fadeur d’avoir à évoquer le temps, celui qu’il faisait ou celui qui avait défait.
Pour ne pas se supplicier sous nos pluies et nos soleils, ne pas torturer nos tentants antagonismes.
Pour ne pas avoir à emprunter nos mots, à l'autre si semblables.
Pour ne rien altérer, ne pas blâmer, ne pas souiller notre linceul.
Pour chuchoter les déclarations jamais faites.
Pour murmurer des promesses à ne jamais tenir.
Pour frémir d'un sourire ressuscité pour un adieu jamais prononcé.
Pour laisser la porte nous dissimuler, faire taire nos yeux à jamais.

Pour s’engluer au seuil d'une douce marmelade d’oranges amères...
Pour s'acquitter sans trop se ruiner de la note salée et poisseuse.

Blablabla bla m'x bla 06:39 blabla... Blablabla ### 10 ###

13 octobre 2005

Burp !

Vous savez que "Goudale" vient en fait de "Good Ale" (Bonne bière (blonde)) ?
Marrant, non ? (Funny, isn't it?)

J'ai chaud.
Je tremble.
J'ai des frissons.

Je crois que j'ai choppé la grippe à bière. Je me demande bien comment.

Blablabla bla m'x bla 02:50 blabla... Blablabla ### 10 ###

11 octobre 2005

Va voir ailleurs si j'y suis...

Je pourrais bien vous raconter qu'elle est rentrée la nuit dernière de quatres jours passés en Pologne, et qu'après une frugale collation elle a tenu à vérifier le bon fonctionnement de ma tuyauterie. Que je me demande si elle n'aurait pas rencontré là-bas un jeune et beau plombier compétent, car l'analyse a été poussée et minutieuse.
Je pourrais aussi vous raconter qu'aujourd'hui nous étions tous les deux à la maison, et qu'après notre déjeuner, alors que mini-nous pionçait comme un bébé, et avant que je n'ai eu le temps de lui proposer un café, elle me fit une remarque à laquelle je n'ai d'abord prêté aucune attention : "Ce vin m'a donné envie de faire la sieste". Voyant mon manque manifeste d'attention à l'égard de cette phrase anodine, elle l'a réitérée d'une façon légèrement plus insistante : "Ce vin m'a tourné la tête, je ferais bien la sieste", accompagnée cette seconde fois d'un regard... euh... d'un regard.
Je vous dirais bien que nous avons passé une partie d'après-midi très crapuleuse, et que nous n'avons bu notre café qu'à l'heure du goûter...
Mais à quoi bon.
Non, très franchement ça ne rimerait à rien.
Avec cette connerie de texte que j'ai pondu pour le jeu de Kir, je suis grillé maintenant.
Ma réputation est foutue. Foutue j'vous dis...

Blablabla bla m'x bla 01:36 blabla... Blablabla ### 4 ###



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