25 mars 2006
J'déménage
Voilà, ça ne doit pas vous étonner. Je déménage.
L'envie de changer de déco n'est pas compatible avec celle de garder cet espace tel quel.
Comme un carton remisé au grenier des souvenirs... oui, je suis bien d'accord c'est très moche...
A la cave c'est plus humide mais y'a des vins de garde aussi, alors c'est mieux, même si le carton s'imbibe et s'effrite... et ça sent la morue et puis les moules jusque dans le coeur... j'ai la dalle...
BREF !
Néanmoins et nonobstant, en revanche comme dirait l'autre, rien à part la déco ne change.
A part mon pseudo un peu, mais bon.
On finit par se faire à tout, même à l'odeur du pipi d'chat, alors voyez ?
Si vous m'aimez, j'habite doré navrant en face de chez moi.
Et vous pouvez garder vos chaussures.
http://immixtion.canalblog.com
14 mars 2006
15h27, départementale 76, kilomètre 6
Un animal sur le bas-côté.
Un chien classé en race. Visiblement un labrador.
Une bride lâche ralliant un autre vivant.
Un humain classé par genre. Une femme. Probablement baptisée sa maîtresse.
Devant, une automobile à allure restreinte. Entre, une distance sécurisante.
L'être canin mû de quatre motrices et d'un bête instinct. L'inattention de la bébête humaine.
Le milieu
de la voie, la chaîne tendue, l'arrêt par le cou.
Devant, l'embardée hasardeuse, l'esquive périlleuse, l'épargne à la fraction de vie près, juste.
Une brusquerie instinctive, la bestiole rapatriée aux pieds asservissants.
L'extrémité hominidée de la
laisse projetée violemment sur la croupe.
A plusieurs reprises, et plus encore. Une brusquerie instinctive ?
Le meilleur ami
ramené à sa condition contractuelle par les flancs.
18h11, bar Le Globe, Affligem 2, JPS 5
Un papier demandé, une bille de poche, un verbe oublié.
Accabler pour pardonner ses propres manquements, combien d'exemples encore ?
08 mars 2006
Youth Against Fascism
Attention, vous venez de changer d'onglet, ça va trancher chérie.
Vous êtes à présent sur le point de consulter un billet d'information
scientifique.
Vous n'êtes pas au bout de vos surprises. La science avance à grand pas mais ne
fait parler d'elle qu'à voix basse. Pourtant la recherche progresse réellement,
et rares sont les communications sur le sujet.
Ce mardi se tenait, hors des sentiers battus, une conférence visant à énoncer
les dernières avancées des très sérieuses investigations diligentées par le
pendable Docteur ès Jemenfoutisme, dont la renommée ne souffre d'aucune
complaisance dans tout son quartier, Professeur d'acharnement thérapeutique à
l'Université de Maicouilles-en-Combrailles, ex-interne des hôpitaux de Bagdad, le
sémillant et agnostique bien qu'agnosique théologien, l'étrangement nommé Mix Highlow. Il est vrai
qu'avec un tel nom cela n'a pas dû être facile tous les jours à l'école (sic),
et on comprends que déjà très jeune il se soit réfugié dans l'analyse
scientifique.
A l'origine de ses recherches, les observations issues d'une étude menée par le
collectif BlogProject, observations parues dans cet article dont le titre ne
laisse aucune place à l'équivoque : La Mondialisation Est Telle Un
Troupeau De Porcelaine Dans Un Magasin D'Eléphants.
Hier donc, le brillant pédagogue exposait les résultats des recherches menées
sans tambour ni trompette, mais néanmoins tambour battant la chamade et
trompette de la renommée mal embouchée. Travaux dont il a été tout à la fois
l'instigateur, le maître d’œuvre et l'enculeur de mouches pétomanes.
Buzzons donc sur l'événement scientifique du moment.
C'est paré de son plus simple appareil que le facétieux savant est
apparu dans la lumière des projecteurs et qu'il a rejoint la chaire de l'Université
Evangélique Notre Dame De La Doctrine de Jhmenbaleck, petite commune paysanne de
trente-six âmes - sans compter les moutons et adieu veaux, vaches, cochons
selon les poulets -, bourg enclavé au plus profond de la zone occidentale, dans
cette région sombre et reculée qu'est le Montrouduc. Il voulait manifestement un
symbole fort.
L'un tantinet pédant diafoirus, byzantin à l'excès, entama son énonciation
illocutoire devant une assemblée de drôles d'oiseaux intrigués et ébahis aux
corneilles.
Mais à peine avait-il achevé son préambule qu'un étudiant pustuleux affublé du
costume de bal de fin d'année paternel se leva, posa son sandwich beurre de
cacahuète margarine ainsi que son magnum plastique de soda, et lui tint à peu
près ce langage (ndlr : Le conférencier, bien qu'à poil, s'était accroché
autour du cou un fromage normand odoriférant. Là encore, à l'instar de l'odeur,
il avait voulu le symbole fort.) :
"- Hi! Let me introduce myself…
- Good for you! Doesn't it hurt too much?
- Hinhinhin… My name is Higgins, Clark Higgins, and I have a Fucktheworld University degree. I
guess you're not very serious when you talk about the good Lord and kindly America. You seem
to be brave but you'll need strong friends, you know. Some people can kick
arrogant bastards' ass for that! You should think twice about it. Please ponder
over those famous words: To beep or not to beep, that's the caution. God bless America!"
L'imperturbable
chercheur ne se le fit pas dire deux fois par le traducteur, ni même une, son
maigre anglais était suffisant. L'étasunien également mais en plus gros. L'un
but, l'autre ravala sa fierté et se racla la gorge, se préparant à voler dans
les plumes du renard.
Il chuchota en apartheid : « L'amende est là, elle est honorable, de
lapin, et si j'inspire Shakespeare, j'ai la belle à faire… ». Puis
enchaîna d'un sourire goguenard :
"- Do you know holy Marie, Higgins Clark? She's just
an out-and-out fucking bitch, a goddamn slut sucking dicks in hell! Bloody
hell! Please think about that and kiss my bottom I'm famous: To beat or not to
beat, that's the coalition! You know I had a Dream; You Create The Reason of
our Planet Unknown. Quick go with that, and send me a postcard, jackass!
Thoughts In My Mind just sail away; the images of you just fade away…”
Il ne l'a pas envoyé
dire ses inepties ailleurs, enfin si.
L'assistance remarqua clairement le chamboulement provoqué chez le prédicateur
barthélémien ; chacun pouvait ressentir le bouillonnement intérieur et la
jubilation. Le corps un peu tremblant et la bouche asséchée, l'enthousiasmant querelleur
demanda poliment que l'on aille lui quérir un verre d’eau à la fontaine.
Aussitôt, une affable personne de l'assistance se dévoua, lui chuchotant au
passage d'un ton gêné qu'il ne fallait jamais dire fontaine.
Le proctologue xylophage poursuivit sans épiloguer.
Après qu'il eut rappelé le postulat énoncé par le collectif BlogProject selon
lequel, je vous le rappelle, le seul point commun tangible existant entre USA
et USB est que l'un comme l'autre possède la caractéristique de s'installer n'importe
où sans se soucier de l'environnement, il cita les principales différences
découlant de cette même étude. A savoir, primo, que l'USB est susceptible de
pouvoir se retirer facilement et sans dommage, contrairement à l'USA,
simplement susceptible et au pouvoir dommageable. Et secundo, leurs altérités
en matière de puissance et de capacité.
L'éminent et grisâtre chercheur s'est d'abord proposé de renommer les deux
entités. Il explique que c'est dans un souci de rupture dogmatique qu'il
appellera désormais la première USS Off. - pour mettre en valeur son aspect offensif
et rappeler ironiquement qu'elle ne possède pas de position off -, et le second
USS 117. C'est juste pour déconner, explique-t-il.
Il exposa ensuite les découvertes issues de ses propres recherches.
L'USS 117
a ceci comme avantage de pouvoir être utilisé aussi bien pour le download que
pour le upload, en général avec une préoccupation de partage distractif, et est
absolument inoffensif en matière de renseignements impérieux. Otan, l'USS Off
ne s'impose lui qu'en matière de download, principalement pour l'installation
d'applications environnementales fortes (système d'exploitation, navigateur,
intégrateur, etc.), ainsi que pour l'implantation de logiciels espions et de nuisibles
(spyware, virus, cookie confidentiel, mouchard, keylogger, track-bug, social
engineering, trojan, zombi, bombe logique, etc.).
L'USS 117 se repère de loin et dispose d'une exceptionnelle facilité de
navigation, alors que l'USS Off possède de nombreuses sous applications navigables
(USS Intrepid, USS Alabama, etc.). Leur navigation est quant à elle fortement problématique,
puisque sans contrôle possible dans les flux internationaux et d'une portée suffisante
pour provoquer de nombreuses incompatibilités comportementales. Certaines
d'entre elles agissant qui plus est en parfaits sous-marins totalement
indétectables par la plupart des organismes de sécurité, sont capables
d'inscrire à notre insu des modifications de processus au cœur même de notre
carte mère.
Il est à
noter également que l'USS Off provoque souvent quelques discordances
inconciliables avec de nombreuses applications. Notamment une incompatibilité
globale avec l'ensemble des fonctions et des dérivés USSR. Le seul moyen pour
éviter les bugs étant d'effectuer un back up in the USSR.
Voilà
donc résumées les principaux aboutissants de l'étude menée par ce Christophe
Colomb triphasé de l'analyse info-géopolitique. Le farfelu procrastinateur monolithique
a conclu son monologue en mettant en garde l'assistance. Selon lui en effet, il
existe un réel danger pour nos propres USC. Oui le danger est imminent, le
risque couve, le péril en la demeure, la menace menace les US & Coutumes de
l'homo sapiens sapiens.
Pour conclure, je reprendrai sa propre conclusion, par laquelle il a engagé la
nouvelle génération de parents à éduquer leur progéniture en toute connaissance
de cause. Et ce dès leur plus jeune âge. Pour cela, il a cité le grand
humaniste Christophe Alévêque qui résume les choses en ces
termes : « Le Coca c'est caca et Mickey pue du cul ».
Il fut acclamé à tout rompre, surtout des chaises. Sous les sifflets d'admiration des femmes montraient leur poitrine. La salle était baignée d'une douce folie, mais nous avons tout de même réussi à lui parler quelques instants malgré la foule en cohue. L'homme, affublé d'une extraordinaire simplicité mégalomaniaque, nous a avoué avoir ressenti un début d'érection lors des ovations, à l'apothéose de son triomphe consécratoire. Il nous a révélé avoir certainement trouvé une piste pour de prochaines recherches, je le cite : « Pourquoi une american pie ? Pourquoi pas un camembert ? Ou un coulommiers ? »
04 mars 2006
Glabre
L’alliance est rompue. Les anneaux entrechoqués ne s’ornent plus qu’à l’orée d’une vasque.
Les
bibelots de faïences se sont fait exposés à terre, sans trop de bruit, sans
bris, en attente de cartons de faillites à jeter. Les objets de valeur sont
déjà remballés pour ne pas être oubliés.
Les verroteries miroitent vainement, répendues éparses au beau milieu de casseroles disparates. Les bijoux n’attendent plus que d’être
cambriolés. Les meubles
frémissent encore dans l’expectative de montrer ce qu'ils sont, des meubles à sauver. Les musiques et les images se partagent à l’émotion.
Sa peur à lui a disparu, du moins est-il trop occupé à rassurer sa clique pour s’en soucier.
Non, sa peur a bien disparu. Pour un temps. Il a fini
son deuil ou presque. Elle non, ou à peine. Ses peurs à elle ont cru entendre
qu’il s’en bat l’œil. Archi faux. Tout ça n’était pas rien.
Il ne veut pas gommer
comme elle le pense, juste ranger le dessin avant qu’il ne soit surchargé et
prendre une nouvelle feuille. Elle aurait voulu rajouter des fleurs, il n’avait
pas la place de mettre un soleil, et des nuages, encore, pas question. Il doit assurer
qu’il sera toujours là pour veiller, elle ne veut que le croire, les peurs pour
un temps matées. Il humilie ses angoisses comme il peut, avilit la crainte
qu’elle a de perdre le père aussi. Elle va mieux. Pour un temps. Il murmure les
détails qui feront que… susurre les distractions de ses doutes et jure qu’il n’en
a aucun.
Il parvient assez bien à la délivrer, ça le soulage aussi.
Il s’en étonne, ne se croyait pas si capable. Finalement il est fort, ça le
réconforte.
Question de perspective. Un sommet quand on est fourmi, un petit monticule, un
petit amas de terre dans un jardin d’humain. Une taupière inconsciente pour capturer
l’effrayante, un tas de choses à chasser du pied. Il ne veut pourtant pas la
piéger, juste l’apprivoiser, la savoir là c’est important. Continuer à s’examiner,
à s’amadouer. Ne pas s’estimer sauvé, encore moins délaissé. Ne pas se
mésestimer, ne pas trop l’estimer. Ne pas laisser tomber.
La douleur sur sa peau, une pulsion. La douceur de sa peau, une virginité.

