27 février 2006
Rester en vie
"Prenez le temps de rester en vie"
Profondeur philosophique des indicateurs autoroutiers, lumineux.
Et c'est ce que j'ai fait, littéralement. Brillamment éclairé même.
Il existe tant de choix oubliés des possibles. Tu préfères ton père ou ta mère ?
De décisions exclues des bonnes. J'te coupe les couilles ou j'te crève
les yeux ?
Il faut malgré tout les faire ou les prendre. Même si ça fait pas plaisir, hein ?
En revanche, quand on choisit l'initié délit, que l'on décide l'aval de la
vie, et que l'on choisit aussi l'âmour, on trouve que deux bras ce n'est plus
assez et que le temps, on ne le prendra jamais trop vite. Mais on reste en
vie et ça nous fait rire, forcément, ça nous fait bien plaisir.
Au retour les murs esseulés pèsent. Au moins, la solitude étaye le plafond
oppressant. Une solitude toute relative, aérienne, proche, séduisante.
Le jour, lui, tient son poing effrayant levé, et je crois que j'ai eu peur. L'espace
d'un instant, juste. L'espèce de conasse de peur, cette fois-ci c'est moi qui lui ai foutu la trouille.
Mais je savais qu'elle aurait ma peau. Je veux dire la même que la mienne.
Tu parles, Charles...
22 février 2006
J'hallucine aux gènes 2.0 (version multipost)

Pour ton
premier anniversaire, on ne savait pas trop quel cadeau te faire. Tu as tout ce
dont tu as besoin, et de l’amour à revendre. Mais ce serait vraiment dommage de
le brader, on s’est dit, alors on va t’offrir une seconde maison pour que tu
ais la place d’en profiter.
Bien sûr on se verra un peu moins souvent, mais tu verras ce sera bien quand
même. Ce sera mieux de toute façon, on sera heureux. Tu m’en
voudras peut-être plus tard, mais sûrement moins que si l’on attend encore. Tu
en pâtirais d’avantage, c’est certain.
Tu sais le pire dans cette histoire, c’est bien la façon dont tu vas me
manquer.
Ou alors la manière dont tu t’accommoderas de mon absence, je ne sais
pas.
Lettre à ta mère
Je sais,
je suis le monstre qui brise ton rêve de petite fille. Je ne serai pas celui
qui vieillira avec toi. Je ne serai jamais le père d’un petit frère, en tout
cas pas celui que tu aurais voulu.
Celui que tu voulais parce que deux enfants c’est bien, parce que une fille et
un garçon ce serait encore mieux, parce que deux ans d’écart ce serait l’idéal,
parce que si on le faisait maintenant ton congé n’empiéterait pas sur tes
vacances estivales.
Un enfant, c’était peut-être déjà suffisamment égoïste.
Mais attention, ne va pas croire que je regrette, c’est loin d’être le cas.
Nos visions se sont trop éloignées pour pouvoir encore se croiser. On n’y peut
plus rien. Tu es celle qui amasse, qui prévoit, qui projette alors que je
ne suis qu’une cigale aux poches percées. On ne s’aimait plus que par habitude,
et c’est trop triste.
Tu n’imagines pas à quel point c’est difficile d’avouer ne plus aimer après
treize ans. Me l’avouer a pris du temps, te l’avouer n’était pas évident. Je
sais, c’est indécent de te dire ça alors que c’est toi qui l’as pris en pleine
gueule, mais pour être honnête, il faut bien que je commence par l’être avec
moi, et puis avec toi.
Tu pensais que l’on pouvait rattraper le coup, une fois de plus. Sûrement, oui,
on aurait pu, mais pour quoi ? Quelques semaines, quelques mois, un an
d’une pseudo félicité plus ou moins hypocrite ?
Le plus dur pour toi a sans doute été la remise en cause de ton bonheur planifié,
et tu as eu ce relent de passion qui t’a fait proférer ces menaces. Horribles,
à me donner des sueurs froides, mais ça ne pouvait rien changer tu sais. Indignes,
je ne les méritais pas, et surtout pas elle.
Tu as bien fini par l’admettre toi aussi, l'inéluctable.
Quand tu m'as rejoint au milieu de la nuit sur le canapé où
s’élisent mes nuits, que tu t’es blottie et que, la tête sur mon torse, tu m’as promis de faire les choses bien, de ne pas fuir, de ne pas me l'enlever, tu n'imagines pas ce que j'ai ressenti.
Tu m’as chatouillé prétextant que j’en avais besoin et on s’est glissé sur les
joues un baiser de bonne nuit. Ce moment tendre, je crois qu'on se le devait bien...
Je traînais avec des filles un peu plus jeunes, tu traînais avec des filles un peu plus vieilles. J’avais vingt-et-un ans et toi seize. Tu avais oublié volontairement ton portefeuille dans ma voiture mais comme tu avais oublié par inadvertance ton pull à la pizzeria tu l'as récupéré vu que le lendemain je pouvais te rapporter ton pull plutôt, en fait. Le lendemain, je t’ai dit que je mourrais d’envie de
t’embrasser sur le banc sous les marronniers.
Ni toi ni moi n’aurait imaginé que
ce premier baiser nous mènerait là. Mais à l’inverse de toi, j’accorde plus d’importance
au voyage qu’à la destination, et le nôtre était beau. Je n’irai pas jusqu’au
désastre avec toi. J’ai trop honte d’éprouver de plus en
plus souvent trop d’exaspération à certains de tes sanglots. Je ne le supporte plus.
Tu as certainement plus peur que moi, et c’est bien ce qui me fait le plus mal.
Je suis fait pour vivre seul et mon angoisse s’adoucit par l’envie. Mais j’ai
mal pour toi.
Tu sais le pire dans cette histoire, c’est que je crois bien que tu ne vas pas
me manquer.
Ou alors seulement pour de mauvaises raisons, j'en ai peur.
Etrange sensation, cet apaisement mêlé d’une farouche et effrayante attirance pour
l’inconnue…
P.a.m.
Jeune
homme, la petite trentaine, 1m75/65kg, brun grisonnant, yeux bleus, clou dans le cou
(sans p à cou et sans g à clou), fine bouche, oreilles délicates, joli cul,
amoureux fou de musique, aimant boire, manger et fumer, adorateur de Desproges,
ayant lu tout Benacquista et relu un Rostand, amateur de Burton, d’Audiard, de
Tarantino, d’Hitchcock, de Jeunet, de Caro, des Cohen, de Shyamalan, de Sautet, de
Chabrol, des Nuls, des Robins, de Jaoui, de Bacri, de Lino, de Poiret, de
Darmon, de Mondy et de Cordy… cherche jeune femme charmante, spirituelle, coquine
et bourrée (parfois) de tunes (négociable). Age indifférent.
Blonde à forte poitrine s’abstenir. Pareil si t’aimes pas la musique ici.
Quand ça capote, ça a quel parfum ?
Un truc auquel on n'a pas pensé dis donc, je vais devoir acheter des capotes.
Et les mettre aussi, putain... Alors là ça, moi tu vois, ça m’troue l'cul. Pas toi ?
M’ouais, m'ok, on en est pas encore là...
19 février 2006
Abîmé
Des rouages trop grippés. Des engrenages trop élimés. Tout grince, tout craque, tout rompt.
Ne pas se mettre arbre à cames... marelle... martel en tête.
Ranger ses états d'âmes au fond d'un carton.
Ce sera toujours ça de fait.
Mise en abîme.
15 février 2006
Dessein d'enfant
Un crayon
mal affûté, la pointe rondement émoussée, c’est bien plus rigolo.
On
dessinerait en grand et ça colorierait largement. On dépasserait les lignes et
l’herbe y serait verte. Il y
aurait aussi un champignon, une fleur, un papillon à pois, des cailloux, un pommier,
une rivière, une forêt, une montagne, un chat tigré rose et bleu, des oiseaux
dans le ciel, un deux trois soleils et des nuages barbe à papa.
Tu aurais
des couettes myosotis et moi un canif avec une loupe.
On dirait
que tu serais la mangouste brune de la lune, et moi le renard blanc charmant.
Sur une
souche, pour t’épater, je ferais danser la pointe de mon canif entre mes
doigts. Toi, tu me dirais d’arrêter, les yeux à peine planqués derrière tes
doigts. Une valse à deux temps, une valse à mille temps jusqu’au sang. Tu
pousserais un petit cri avant de rire, tu goûterais mon entaille. Seuls nos yeux sauraient
la larme retenue. De ma bouche, pour te plaire, j’avalerais séchement. Tu
décèlerais. Tu saisirais le canif et moi ton poignet,
mais bien sûr je te laisserais. Tu aurais l’assurance de me la faire croire. Sur
le fil, la lame prendrait son temps jusqu’au sang. Tu pousserais un petit cri
avant de rire, j’attraperais ton doigt avant tes lèvres. Seuls nos yeux
ne garderaient pas leur retenue. Je mêlerais nos doigts et nos sangs, tu
m’entraînerais traverser la rivière par le tronc. On lui taillerait l’écorce de
nos serments, la tranche de nos promesses.
On graverait nos mémoires d’un juré
craché.
Après je
t’emmènerais à la chocolaterie voir Willy Wonka, et puis on irait manger des
pommes si tu veux. Tu me donnerais des gages pour des enjeux d’enfants. Des
pierres particulières, Jacques a dit rien d’innocent. Entre chien et loup il faudrait
regagner notre cabanon blanc chat perché dans un arbre. Du chocolat al coda et
des bonbecs à tire-laribot. Un canif pour tout partager et des couettes pour
faire rêver. Un saphir, ou même un diamant pour craquer nos microsillons. La
voix acidulée de la femme chocolat. Ta voix chocolat de fille acidulée à croquer.
Une mine
émoussée, ça ne peut pas être méchant et c’est bien plus marrant. C’est doux
sur le papier comme un baiser sur une paupière. Un baiser sur le front, sur le
nez, sur la joue… Manquée.
03 février 2006
My Last Bliss - My Lost Romance
Je n'ai rien d'écrit à vous servir là, juste à vous parler
un peu.
Mais j'ai un truc, bien rangé derrière les fardeaux, à
sortir bientôt. J'avais très envie d’en terminer les arrangements aujourd’hui,
et puis j'ai plutôt réussi à me sortir les doigts du cul.
L'expression n'étant
pas galvaudée, c'était pas désagréable.
Demain.
Journée tendue comme un slip.
Journée de merde. Sauf…
Sauf que je vais essayer de mettre le point final à cette
envie.
Cette idée, qui après m'avoir caressé la nuque, a chenillé
de mon occiput au bout de mon nez.
Toute une semaine.
Pour se cocooner toute une journée, comme au paradis, comme la
dernière romance. (*)
Mais je ne sais pas si elle pourra papillonner demain.
Eclore sous mes yeux.
Je sais que je suis dingue, parce que j'y attache une
importance particulière, parce que je n'en ai pas l'habitude, parce que cela
paraîtra forcément trouble, parce que je m'aperçois que ça l'est et que je ne devrais pas le
montrer, parce qu'il faut juste le sentir et ne pas le dire, mais je n'ai que
ça à offrir, et cette envie c'est ça, offrir. Pourquoi ce trouble d'ailleurs, il
n'a pas vraiment sa raison d'être ici mis à part peut-être le doute, mis à part sûrement
le manque, mise à part la crainte, mise à part l'impossibilité d'évaluer. Mais il
est trop net, ce trouble, sinon pourquoi cette importance accordée, sinon
comment l'effacer d'un clic ? Connaître si peu sans faits, et pourtant aimer
pour tant savoir, connaître tellement en fait, effets d'émotions, effet des
motions.
Il y a de quoi s'en remordre les doigts, s'en regretter une main.
Une main.
Une
main tendue comme un flip.
Angoisse de merde. Bof…
Concernant le truc, j'ai bien peur de devoir attendre lundi ou mardi, voire mercredi (**), pour vous le sortir de derrière mes fardeaux. Il s'agit d'une sorte de désapoilisation désopilante, d’une espèce de blaguenbarre à l'américaine. Le tout en phrases longues pleines de virgules remplies de mots dont je ne maîtrise aucunement les sens. Et en musique.
(***)
____________________________
* J'ai écouté en boucle, cette après-midi Vanessa Paradis, Bliss (un extrait joliment choisi là) ; et ce soir Arab Strap, The Last Romance (cf. radio). Et j'ai fait une pause d'une heure pour suivre Diego (cf. radio) dans Sous les étoiles exactement.
** C'week-end j'peux pas, j’ai compet' de luge et "dégustation" de la bière à l'ancienne de mon toupain brasseur.
*** J'ai fait des pancakes à la Kriek accompagnés de gelée de groseille. Mortel. Mais j'ai même pas fini le pack.

