31 octobre 2005
Môme à l'amer

A cette époque je n'écoutais qu'à peine le flip-flop des ondules.
Certaines questions ne trouveront toujours que d'autres questions en réponse.
Mais on peut remplacer toujours par jamais en pensant que c'est une solution.
Ma grande frustration est de ne pas savoir chanter,
Quand je gratte les vieux nylons de la, fa, do, sol.
Ajoute si et ré, je vois Des visages des figures.
Je tente un murmure, mais mes mots s'en mêlent.
De ceux de Cantat, il ne reste plus grand chose,
Et j'écorche tout à la fois, la chanson et moi...
Si je savais chanter, je t'aurais fredonné.
Mes images, ma figure
Envisagent ma blessure
Me figurant l'effacer
J'suis face à ma face B
Un an sensé, assez difforme
M'informe, m'atterre
Entrevu de plus beaux atours
C'est moi le fou qui joue un tour
Dernier raccord
Môme à la mer
Homme, âge amer
Un pas lissé
Pardessus d'or
S'enterrent, sans grand air
Moues aisées, boule d'acier
De belles preuves d'amitiés
Des points d'os asséchés
J'ai douté des détails, jamais du don des nues
Enchantées, j'ai dit aïe, tu n'as rien entendu
Des torts, des mépris me reviennent
Des efforts, déveines, des artères
Enflées, enflées, bête homme j'avoue, j'essaie
Et si tout revient en claque
Je freine, je traîne
J'ai pas aimé me taire de trac
Et surtout encaisser, hanté
Mes images, ma figure
Envisagent ma blessure
Me figurant l'effacer
J'suis face à ma face B
J'ai douté des détails, jamais du don des nues
Enchantées, j'ai dit aïe, tu n'as rien entendu
Sans chanter je me braille, je suis entièrement nu
T'as douté des détails, et même du don des nues...
25 octobre 2005
Pochette surprise
Je te fais pas l'affront de te dire que si tu cliques, tu l'as en grand la photo... ah ben si.
Alors, il s'agit d'un grand jeu con... cours, Forest, cours !
Celle ou celui qui me dit à quelle illustre pochette, d'un tout aussi glorieux album, d'un non moins mythique groupe qu'absolument tout le monde connaît... à quelle pochette donc, celle-ci fait référence en un hommage non dissimulé... celle ou celui qui me le dit, donc, gagnera le droit d'écouter ce qu'il y a dedans, voilà.
Et puis ben du coup, les autres également.
Oui mais alors si personne ne trouve ?
Pas possible. T'as vu l'assemblée de mythom mélomanes qu'il y a ici ?!!!
Un indice totalement inutile : L'artiste qui est derrière cette pochette est en fait dessus.
Un second pas plus utile sinon moins : Je la trouve magnifique cette pochette, pas comme l'autre.
Donc :
Grâce à Fugitive, mais pas rien que pour Elle, en écoute dès à présent dans votre radio préférée, l'album "Cripple Crow" de Devendra Banhart.
Allez, dites bravo et merci !
(Je suis fourbe, j'avais en fait déjà promis cette diffusion à un certain Monsieur 32+8+2 que je ne nommerai pas.)
20 octobre 2005
Ne dis pas fontaine.
Tu y plonges avec un plaisir interrogateur, l’entrée en matière est fluide, l’imprégnation propice, l’éclaboussure limpide.
Tu y replonges avec un désir inquisiteur, les remous sont enthousiasmants, les vagues délicieuses, les ressacs véhéments.
Tu y re-replonges pour tenter de toucher le fond, tu restes en apnée, tu laisses flotter.
Tu enchaînes les langueurs, tu bois et rebois la tasse, l’alcool est oxygéné, tu respires.
Tu te jettes à l’eau sans chlore, sans mycose, sans mi dissonant, pour cause.
Tu t’y mets à nu et tu en tombes, avec eux, avec aise, avec esse résonnante.
Va écouter Elbow - Leaders Of The Free World.
Va lire, ça n’engage à rien, c’est dans z’x radio.
18 octobre 2005
Post à deux balles (par personne, c'est pour faire un cadeau)
Tu me diras pas quand même que le hasard ne propose pas de ces coïncidences parfois.
Je dis ça, c'est pour rebondir un peu sur la note précédente.
Djboïng !
Non parce qu'il y a un an jour pour jour, j'ouvrais cet espace.
C'est l'un de mes illustres confrères qui me l'a fait remarquer il y a quelques minutes (heures ?!! oh mon dieu !), alors que nous tentions de communiquer pour la première fois (c'est toujours difficile la première fois, mais ça va, j'ai pas eu mal) via un système de messagerie instantanée. Il dort peut-être maintenant le bienheureux , repu de cette conversation de haute volée, du sommeil du juste une trentaine de clopes, pas plus, sinon ça gave. (flash de dernière minute : ah ben non en fait)
Alors tu vas me dire, et je te comprends (surtout si tu es du sexe féminin) : mais elle est où la coïncidence, là ?
Et moi de te répondre que je t'emmerde (surtout si t'es un mec), mais je te explique, si toi pas comprendre.
Cet hurluberlu (oui, il est belge), est l'un des tout premiers à m'avoir accueilli sur son bloug (bizoux Aly au passage), pour ne pas dire le premier de mes liens. C'est chez lui que j'ai fait mes armes de commentateur sportif (oui, je sais, mais tu remarqueras que nous nous sommes tout de suite fort bien entendus), lui qui débutait également.
Alors la voilà ma coïncidence, ça te troue pas l'cul ça, peut-être ? Nan ?
En tout cas moi, je suis content que ce soit justement lui qui n'ait pas pu me souhaiter un joyeux non-blogoniversaire cette nuit. Voilà.
Et si t'en as rien à branler, ben je vous emmerde, parce que je suis poli et que je suis dans la merde, sentimentalement démissionnaire et professionnellement suicidaire (vous danser mademoiselle ?), et puis pour fêter ça je vais me taper un poulet (enfin, le bouffer), le poulet numéro 728 120 pour être exact, un poulet de Vendée élevé en plein air 89 jours et 90 nuits.
(je te vous renvoie à l'humeur du jour)
Et puis la bougie je me la carre dans l'fion, depuis le temps que je me demande quoi en faire...
15 octobre 2005
Sur les berges visqueuses, je raque.
Si j’avais su l’émotion qui se tramait à l’intérieur, je ne sais pas si je m’y serais précipité ou si j’aurais préféré déguerpir. Mais je ne savais pas, alors je ne saurai jamais.
J’y suis entré les yeux sur mes godasses, le nez dans de ternes pensées, et une lèvre pâle entre les dents. Je me suis assis à une table encore chaude, la banquette semblait pourtant imiter le charnu de chairs glaciales. Mes doigts ont façonné machinalement la tige en attendant l’achèvement du processus sous pression, un café ou un demi je ne sais plus, mais l’un des deux c’est certain.
J’ai mis du temps à détourner mes yeux du bout de mon nez. Mon regard s’est distendu sur l’horizon le plus proche après que mon clopiot se soit embrasé. Et c’est là que je l’ai vue. Et c’est là que je l’ai reconnue.
Le temps avait l’air d’être passé sans avoir pesé, la silhouette de trois quarts dot se calquait exactement sur mes stigmates. Mon cœur s’enroulait comme du lierre autour de sa sellette de comptoir. Ses jambes se croisaient du côté gauche et ses coudes étaient posés. Sa main du même clan, à la tenue délicate, se gobergeait de nicotine à hauteur de front, alors que l’autre tripatouillait un briquet. Un mini Bic. Orange. Son verre était vide.
Dans le miroir derrière le bar se défigurait son visage, le nez démuni, les yeux collés au zinc, et des fragments de cœur brisé aux lèvres. Des mèches profondes lui brodaient des ombres et des soupçons d’éclats. Elles abritaient sa nuque et déguisaient ses épaules que je savais saupoudrées de rousseurs, récurrence homérique d’une lente mélodie sur sa peau lisse.
Roxane.
C’est là que mes yeux se sont perdus dans un horizon inexistant. Des souvenirs doux et tendres en marshmallow. Une écorchure profonde et purulente en réminiscence.
Le hasard m’avait proposé cette coïncidence, des années d’oubli, et quelques jours avant celui-ci je m’étais fait raconter sa vie en échange d’un verre bien rempli. Pas ses joies, pas ses angoisses, ni ses euphories, ni ses peines, mais les faits, rien que les faits. A moins que l’on ne m’en ait fait subir le récit en remplissant mes verres, je ne sais plus.
Mais je savais qu’elle vivait agréablement de ce qu’elle avait toujours voulu faire, et j’en étais heureux. Je savais qu’elle avait plusieurs fois partagé sa vie, je savais ses déboires. On m’avait expliqué qu’elle s’était fait accaparer sa vie, j’en avais été affligé. On m’avait dit qu’elle venait de le quitter, j’en étais soulagé. Parce que je le connaissais, le salopard.
Christian.
J’avais compris bien tard le manipulateur avide sachant camoufler son ambition prétentieuse, sa superbe arrogance, sa vanité sotte, son bête orgueil, sa gloriole de mariole, son costard de connard aussi seyant que son biceps saillant. Il l’avait toujours voulue, c’est uniquement pour elle qu’il avait fait l’ami, masquant ses désaccords et composant selon notre partition. Je l’avais compris bien tard, trop tard pour qu’elle l’eût su.
Ils s’étaient donc retrouvés. Ou il l’avait retrouvée, sûrement pas par hasard. Elle avait dû le démasquer à son tour, impossible d’en douter. Ce soir-là, peut-être cautérisait-elle la plaie, mais elle était belle derrière son sourire abîmé.
Mes yeux s’étaient de nouveau accommodés. Elle s’est brusquement mû de gestes souples que je reconnaissais, et a écrasé sa cigarette oubliée de cendres. La mienne s’était éteinte. Elle a réglé et s’est levée, je ne pouvais me détacher de la laisser partir. Si près de la porte, peut-être a-t-elle senti le poids du passé que je couvais des yeux, mais pourquoi a-t-elle dégagé son regard de l’abandon pour le glisser dans le mien ?
Pour ne pas s’infliger la fadeur d’avoir à évoquer le temps, celui qu’il faisait ou celui qui avait défait.
Pour ne pas se supplicier sous nos pluies et nos soleils, ne pas torturer nos tentants antagonismes.
Pour ne pas avoir à emprunter nos mots, à l'autre si semblables.
Pour ne rien altérer, ne pas blâmer, ne pas souiller notre linceul.
Pour chuchoter les déclarations jamais faites.
Pour murmurer des promesses à ne jamais tenir.
Pour frémir d'un sourire ressuscité pour un adieu jamais prononcé.
Pour laisser la porte nous dissimuler, faire taire nos yeux à jamais.
Pour s’engluer au seuil d'une douce marmelade d’oranges amères...
Pour s'acquitter sans trop se ruiner de la note salée et poisseuse.
13 octobre 2005
Burp !
Vous savez que "Goudale" vient en fait de "Good Ale" (Bonne bière (blonde)) ?
Marrant, non ? (Funny, isn't it?)
J'ai chaud.
Je tremble.
J'ai des frissons.
Je crois que j'ai choppé la grippe à bière. Je me demande bien comment.
11 octobre 2005
Va voir ailleurs si j'y suis...
Je pourrais bien vous raconter qu'elle est rentrée la nuit dernière de quatres jours passés en Pologne, et qu'après une frugale collation elle a tenu à vérifier le bon fonctionnement de ma tuyauterie. Que je me demande si elle n'aurait pas rencontré là-bas un jeune et beau plombier compétent, car l'analyse a été poussée et minutieuse.
Je pourrais aussi vous raconter qu'aujourd'hui nous étions tous les deux à la maison, et qu'après notre déjeuner, alors que mini-nous pionçait comme un bébé, et avant que je n'ai eu le temps de lui proposer un café, elle me fit une remarque à laquelle je n'ai d'abord prêté aucune attention : "Ce vin m'a donné envie de faire la sieste". Voyant mon manque manifeste d'attention à l'égard de cette phrase anodine, elle l'a réitérée d'une façon légèrement plus insistante : "Ce vin m'a tourné la tête, je ferais bien la sieste", accompagnée cette seconde fois d'un regard... euh... d'un regard.
Je vous dirais bien que nous avons passé une partie d'après-midi très crapuleuse, et que nous n'avons bu notre café qu'à l'heure du goûter...
Mais à quoi bon.
Non, très franchement ça ne rimerait à rien.
Avec cette connerie de texte que j'ai pondu pour le jeu de Kir, je suis grillé maintenant.
Ma réputation est foutue. Foutue j'vous dis...
06 octobre 2005
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05 octobre 2005
Desa(r)mants
Les deux s'étaient retranchés.
Fuyant depuis des semaines les regards conflictuels, leur résistance se désorganisait dans un système de communication précaire. Ils arboraient des mines anti-personnelles, sous des masques de protection, pour oublier qu’il est illusoire de penser que cela rend fort. Pourtant ils l’espéraient presque. Mais un renfort de heurts risquait de détruire le dernier pont, et aucun des deux ne voulait s’y résoudre, même si au fil des heures les défenses interdisaient de plus en plus toute incursion.
L’air était trop chargé. Ils ont réussi à mettre le cran de sûreté.
Les sarbacanes aux lèvres ont remplacé les flèches empoisonnées par des boules de mots mâchés.
Dans leurs yeux les frondes ont cessé de tournoyer, laissant dégringoler les billes en acier trempé.
Et puis les armes enfin déposées ont paru tellement dérisoires.
Deux hommes chantaient sur les barricades.
De crisants thèmes en cris, en « t’aime », ils avaient cru leur amour en partance.
Ils avaient simplement eu peur de ne pas devenir de vieux amants.
Et puis l’arme de pluie a perlé, éliminant la crainte, tuant le doute.
Ce n’est pas cet automne qu’ils laisseront les feuilles mortes se marrer entre elles.
Ils ont fini par bâillonner les deux brailleurs.
Ils se sont retrouvés totalement désarmés, devant de petits poings fermés autour d’un visage apaisé.
Ils se sont retrouvés totalement, des amants sous l’esquisse d’une lune prometteuse d’aurores en baisers.
01 octobre 2005
Trashing Peeks

"Tribal Dance grows in my skin..."
Fleeting tunes worm their way into my affections.
Take a peek at my pic, people through my peephole.
It's peak time, my brain's peeping like a wearing bird.
You can have a peep Tom, I can't hide in this home.
Even if I peep out from behind disgusting mud flows,
I feel running sweet fresh mashed peas with mint...
You can go off into peals of laughter,
That's just peanut butter with crisps.
You know, I know, I'm a fucking spoiled kid.
I'm off pity, like old butter, but it's peanuts.
Now I think I look peaky, and I have to pee...

