29 septembre 2005
Les journaux, n'en lisez plus.
... Hommes radio-télé-guidés...
... Le journal est un poison où s'exténuent les démocraties. Les journalistes sont des démiurges que démange un prurit de littéraire. En achetant un journal vous payez pour votre propre malheur. Le talent de quelques-uns de ces plumitifs n'est jamais à hauteur de votre coeur et flatte tout au plus certaines de vos passions apprises à l'école. Je ne parle pas aux imbéciles, en ce moment, mais aux hommes qui se reconnaîtront à me lire et qui me prennent par le bras comme on prend un ami, son frère. Le journal est votre maître à penser, mais un maître qui sait, un qui connaît la question. Le journal est une idée de financier, c'est aussi le bâton de la puissance. Brûlez le journal, vous brûlerez le bâton, et la puissance s'évanouit. N'oubliez pas qu'en achetant Machin-Soir, tous les soirs, vous achetez un patron portable, que vous installez chez vous et que vous écoutez. Avec celui de l'usine cela fait un peu trop dans la journée. Il vous dit d'aller à Colombes pour le match France-Angleterre. N'y allez pas. Allez plutôt voir les fleurs dans un jardin, même dans un jardin photographié. L'évasion n'est jamais qu'une construction de l'esprit...
Léo Ferré
27 septembre 2005
La vie est un oximore
Mon graphe dessine des chansons de Brel.
J'ai un rhesus alternatif, impossible de sortir de ce lucide coma.
L'obscur aveuglement a ce silence éloquent dont le discours ne me dit rien...
Oubliez l'odieuse onction, les amiteuses extrémités.
En septembre, en attendant la suite des carnages, il se peut qu'arrive la limite.
Il y a tout à la fois, à l'envers à l'endroit.
Le goutte-à-goutte compte à rebourd et il y'a des chances que rien n'bouge.
Tout est là.
Il y a tout l'or de cette sacro-sainte guerre économique.
Ces hommes pressés, ces oppressés, ça fatigue à la longue.
Il y a ces atlantides et ces brûlures, que de réjouissants désastres pour ces gens-là.
Il y a les gouvernails qui ne riment à rien tant le moteur est noyé, et les voiles des cendres.
On nous mène en bateau, enfin, le capitaine sait-il seulement où le vent nous portera.
Si t'es pas caméléon t'es écorché vif, t'as le choix entre le fleuve et des armes.
Ou alors...
Ou alors tu nie tout en bloc et tu crie à ton étoile.
Reste plus qu'à prier pour les branleurs.
Moi, que tout interloque, si mort.
Moi, occis, mort.
Peter Pan, Wendy et la fée clochette.
Les crochets commencent à piquer le manque d'orgueil.
Heureux malheur ou malheureux bonheur, la vie n'est qu'un compte de faits.
Mais le doux n'est-il pas plus délicieux mêlé à l'aigre ?
Je chante et je suis gai, mais j'ai mal d'être moi, ami remplis mon verre...
Buvons rien que pour boire, je serai bien dans une heure, je serai sans espoir...
Je chante et je suis gai, tout s'arrange déjà, ami remplis mon verre...
J.Brel
(Enormes clins d'oeil à Noir Désir pour les emprunts bien sûr)
26 septembre 2005
Barbar is me
Je crois que je souffre de maux qui n'existent pas.
Il serait donc néologique qu'il n'y ait aucune séquelle, non ?
23 septembre 2005
Haïkus dans l'nez
Les degrés dégringolent
pour chauffer les veines
dEUS n'a pas déçu
En gros, ça pelle de plus en plus, j'ai picolé et le concert était énorme, mais vous aviez compris.
Les vignes décolorent le temps
à nous passer l'envie
d'être sobre
Si, j'te jure.
L'obscurité précède la rosée
un front barré
doit se coucher
Ouais, même que j'aurais peut-être bien dû y penser plus tôt.
C'était juste pour vous dire rien du tout.
Mal au crâne, moi. Fiou.
Bonne nuit.
22 septembre 2005
Note de sévices
En raison de problèmes à la fois personnels et techniques, le service a subi ces derniers temps un disfonctionnement tout à fait malencontreux. Vous n’êtes pas sans l’avoir remarqué, et certains d’entre vous me l’ont fait savoir à maintes reprises, soit par le biais de post-it élégamment laissés sur mon espace de travail, soit par le biais de courriers électroniques gentiment inquiets.
Ma direction se joint à moi pour se féliciter de l’intérêt que vous portez au bon fonctionnement du service, et pour vous assurer que nous ferons, à partir de dorénavant, tout ce qui se trouve dans le domaine du possible pour que celui-ci revienne à la normale, et ce dans l’intérêt de chacun.
La conjoncture économique actuelle ayant entraîné une involontaire compression personnelle et une réduction compulsive du temps de travail, vous comprendrez ou pas que nous ne disposions plus pour un temps des moyens et ressources nécessaires à une activité même minimum.
Mais nous tenons à nous engager dès aujourd’hui, afin de répondre aux attentes de tous, moi le premier, à mettre en œuvre tout ce qui est en notre pouvoir pour palier les intolérables carences dont nous avons tous été affectés ces derniers temps. Dans un premier temps nous ferons tout notre possible pour rouvrir l’espace détente et remettre en état de marche la machine à café.
Veuillez noter que l’arrêt de la diffusion radiophonique n’est pas de notre fait, le syndicat C.N.L.B.L.G. ayant décrété celui-ci suite à une plainte qu’il a reçue concernant l’un des programmes proposé, mais nous nous efforcerons là encore de rétablir un environnement musical sain.
Ma direction et moi-même sommes réellement très touchés par la façon dont vous vous êtes investis en me faisant part de vos inquiétudes, et nous vous en remercions vivement.
Nous ne manquerons pas de remercier personnellement certains d’entre vous particulièrement concernés.
Soyez assurés que nous comprenons parfaitement vos inquiétudes et qu’elles sont partagées, voire infligées.
Vous priant de bien vouloir croire que rien n’est pas tout perdu, veuillez concevoir l’impression de mon extrême sincérité.
L’irresponsable en manque de ressources humaines

