27 juillet 2005
Belgian Cake With Cherry *
Je vous préviens, j'ai bu. Et pas qu'un peu, vous voilà préviendus.
J'voulais vous raconter ma soirée de vendredi, et puis non.
J'aurais fait des phrases avec des mots dedans, des trucs du style adverbes ou adjectifs épithètes, et peut-être même que j'aurais construit mes propos en faisant des paragraphes, en développant une progression, des préliminaires, une introduction et une conclusion, une chute même, devrais-je dire.
J'vous aurais raconté l'alcool ingurgité, les pieds nus dans l'herbe sous la table qui badinent en quatuor, nos deux corps nus sous leurs vêtements, sa robe moulante que je fais glisser au-dessus de ses hanches, ma braguette qu'elle déboutonne, la chaise qui résiste... tout ça quoi, mais non, en fait non.
Je vais juste me permettre un conseil.
Si d'aventure au cours d'une soirée en amoureux fortement arrosée, il vous venait l'idée pour le moins saugrenue, alors que vous avez décidé de sauter le fromage pour passer directement au dessert, de déposer - lors d'ébats de type 'sexuels' à tendance 'expérimentation en extérieur' - votre partenaire (épouse, ami(e), camarade, chèvre**, colocataire, pacsé(e), realdoll, etc...) sur la table du jardin, assurez-vous d'abord de la solidité de celle-ci, et ce au moyen de tests si nécessaire. Parce que ce serait quand même con de vous retrouver sans table de jardin si celle-ci venait à céder, sous un poids minime certes (moins de cinquante kilos), mais cédait tout de même...
Vous allez dire quoi aux copains main'nant, hein ?!
Faut vous dire que j'avais déjà cassé deux verres en début de soirée, alors la table avec les deux autres verres et les assiettes qui s'y trouvaient, ce fut la cerise sur le gâteau.
Heureusement, aucun blessé n'est à déplorer.
On a ri, à cause de l'alcool certainement.
Et puis on est rentré, on a remplacé Mud Flow par dEUS*** et on a apprécié le canapé...
Qui a resisté... merci Fly.
* Le premier qui laisse filtrer son côté franchouillard élevé aux blagues à la con, je l'emplâtre.
** Il sentait bon le sable chaud, mon légionnaire.
*** Que j'écoute actuellement, même si t'en as rien à foutre.
18 juillet 2005
Nuit d'automne
Elles sont deux belles comme des soleils, de celles comme un désastre et un miracle, la fâcheuse et la propice, des astres à l’étincelle fatale ou accidentelle. Un alliage de plomb et d’étain scelle l’effronté au délicat en une soudure anodine, une alliance fugace comme un instant indolore.
L’une est un soleil d’aplomb qui grille tous les regards, éblouissant les reliefs, cramant les contrastes et ternissant chaque couleur. La belle mijaurée aux accents d’enthousiasme feint et aux gestes larges emprunts d’ambition théâtrale, jette ses sourires rutilants et ses rires clinquants. Elle s’écoute minauder ses amours cutanées, d’exclamations pathétiques en diapasons extatiques. Elle capte l’intention par ses mots entiers et attise d’arrogance. Son parfum égare ou attire les abeilles et les moustiques.
L’autre a le rayonnement déteint d’une brume légère, mettant en valeur chaque ombre et contrastant de chatoiements. Sa jolie retenue a des reflets peints d’insolence et ses mouvements timides trahissent le rôle joué, mais elle oublie parfois un sourire radieux ou un rire limpide. Elle se réserve le droit de taire son amour éventré, de lucidité diaphane en effacement blafard. Elle aimante l’attraction à demi-mot et enjôle d’indolence. Il n’y a qu’un papillon ou une libellule pour savourer sa subtilité.
Elles sont deux belles comme des soleils, de celle dont on envie le désir, de celle dont on connaît le doute, la lumineuse et la sibylline, des étoiles, filante ou sereine. Une harmonie dissonante lie pour un moment futile les toiles au cadre, un accord instable comme une seconde lunatique.
Elles sont deux belles comme des soleils, mais une seule est aussi jolie que la nuit.
06 juillet 2005
Des cendres dans mon thé
Le soleil éclabousse déjà le lit et sa chaleur dégouline sur nos corps nus, le drap a été depuis longtemps repoussé.
Le réveil n’aura pas le temps de sonner.
Les papillons se foutent de notre moiteur et on en profite pour se laver ensuite du mélange de nos sueurs sous une eau fraîche, ensemble évaporés.
Mais ce début de journée l’annonce étouffante…
Le café noir et la cigarette grisâtre ramènent mes préoccupations accablantes. Les choses sont sur le point de changer, paraissent se régler pour le mieux, mais ce n’est pas aussi simple. Tout peut encore mal tourner… Il faut paraître convaincant et faire patienter.
Pas vraiment pressé, j’imagine le bitume brûlant de l’autoroute et décide d’emprunter les départementales. Il n’y aura pas de déviations cette fois-ci, peut-être.
C’est le désir de prendre le temps de regarder à travers mes lunettes teintées, l’envie de rouler toutes vitres ouvertes sans que le moteur ne ronronne à plus de deux milles tours par minute, le besoin de mettre la musique fort, très fort.
Profiter de la fraîcheur des sous-bois, caresser les courbes du bout des doigts l’autre bras fumant à la fenêtre.
Ecarquiller les oreilles pour en prendre plein les yeux, essayer de dénouer le ventre, d’alléger le cœur, et de dégriser la tête, alouette.
Descendre et monter.
Partir d’où pour arriver là-bas ? Filer doux pour n’aller nulle part.
Envie d’un souffle nouveau, d’une gorgée de motivation, mais j’en suis encore las, pas mieux.
La chaleur du jour respire vraiment l’insupportable.
Envie de cendres encore et de thé glacé, mais je fais descendre ma vie alors je me tais, glacé.
Je me terre, brûlé.
Des cendres et mon thé.
L’orage croise mon retour et ma tête profite d’une éclaircie pour se laver de ses sueurs froides, pour tenter à nouveau de rafraîchir ses idées noires. Avec le fil de la musique pour unique remède…
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir…
La pluie ne réussi pas à étouffer complètement la chaleur de cette journée, ce n’est que bien plus tard que je pourrai respirer.
Après avoir roulé mon Interval comme les fibres ténues d’un temps en filigrane, c’est avec une tasse de thé, chaud cette fois, que j’ouvre la porte sur la nuit enfin fraîche. Parce que la chaise se souvient de l’orage je m’accroupis devant la porte et m’y adosse. Je dépose ma tasse et m’aveugle à la flamme de mon briquet, les bouffées sont délicieuses dans cette fraîcheur attendue. Les nuages se sont absentés et quelques vers dans l’herbe s’amusent à refléter les étoiles. Les deux chats sont venus se plantés à mes pieds et scrutent chaque bruissement de l’obscurité. Les oiseaux sont chouettes et des chiens se plaignent, juste des bruits de nuits.
Par terre à mon côté, ma main trouve une épingle à linge en bois, de ce modèle des plus courants, et s’en amuse machinalement jusqu’à ce qu’elle me raccroche au fil…
Je suis aux abois car la vanne passe, je crois que j’ai pris ma tasse pour un cendrier.
Je vais peut-être aller m’étendre, je risque de moisir si je sèche comme ça.
01 juillet 2005
Remaniement maxistériel
En raison du "Non" franc et massif rédhibitoirement obtenu en réponse à la question auto-référendaire que je me suis posé lors de ma dernière constipation passagère - à savoir : "Aime-je le maïs en boîte ?" -, c'est avec une grande solennité que je vous annonce que j'ai décidé de dissoudre... d'effectuer un remaniement totalement musical... euh, musicalement total plus exactement.
Je dois m'écouter et répondre à mes attentes, tenir compte de mes préoccupations et entendre ma contestation, je n'aime pas le maïs alors je vais tout changer. Avec un peu de chance ça détournera mon attention de la boîte.
Hé ho ! Mais c'est pas le maïs que j'aime pas, c'est le maïs EN BOITE uniquement. Parce qu'un épi tout frais passé au gril, légérement beurré et assaisonné de curry, c'est excellent !
Oui mais alors là ça m'arrange pas du tout ça, moi j'ai que du maïs en boîte sous la main et si je me dis que j'aime pas ça c'est que j'aime pas le maïs et puis c'est tout, j'interprète comme je veux et j'me fais pas chier. Le risque c'est juste une grosse crise de constipation générale.
Donc, étant donnée ma conjoncture musicale, afin de résorber le dommage et pallier la baisse du pouvoir d'écoute, je vais faire cohabiter funky et grunge, noisy et chanson, mais n'ayez pas peur, non, surtout n'ayez pas peur, il n'y en aura pas pour tous les goûts...

